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Ainsi, après la tenue d’une conférence de presse, le groupe parlementaire PARENA-SADI vient, une fois de plus, d’organiser une conférence-débat le samedi 28 Février 2009 au Centre Djoliba.

En plus du député SADI et non moins Président du groupe parlementaire, le Dr Oumar Mariko, la conférence a enregistré la présence d’auters membres du groupe, dont Konimba Sidibé, député du PARENA.

Dans son intervention, sur chacune des lois, l’honorable Konimba Sidibé a évoqué les raisons de la protestation de son groupe parlementaire.

Privatisation de la CMDT

Selon le groupe parlementaire PARENA-SADI, ce projet de loi doit être rejeté, principalement parce que le schéma actuel de privatisation de la CMDT présenté par le gouvernement ne donne aucune assurance sur la pérennité de la filière coton et le paiement du coton à un prix décent aux producteurs, après la privatisation. Mais aussi, parce que le projet de loi porte sur “la cession de tout ou partie du capital social de la CDMT”, alors que dans le schéma de privatisation retenu par le gouvernement, il n’est nullement question d’une telle cession.

Aussi a-t-il indiqué qu’il est faux de dire que la CMDT est un fardeau si lourd pour l’Etat, comme l’affirme le gouvernement. Car, selon lui, il ne fait pas de doute que l’essentiel du déficit de la CMDT est dû à deux facteurs.

D’abord, l’achat du coton à un prix au producteur plus élevé que le prix d’équilibre calculé sur la base des cours mondiaux du coton : par exemple, ce prix d’équilibre était de 130 FCFA le kg en 2004-2005 ; mais le gouvernement a fixé un prix au producteur de 210 FCFA, soit 80 FCFA de plus que le kg vendu. Ce qui s’est traduit par un coût additionnel de 47,12 milliards pour la CMDT cette année-là. Ensuite, la vente des engrais aux paysans à un prix inférieur au prix du marché calculé sur la base des coûts d’achat des engrais.

A en croire le groupe parlementaire PARENA-SADI, ces deux facteurs cumulés se sont traduits par une perte de 130,9 milliards d FCFA pour la CMDT, entre 2001-2002 et 2006-2007.

Concernant le Budget 2009 de l’Etat

En invoquant ses raisons, le groupe parlementaire fera savoir que le Budget 2009 ne respecte pas un principe fondamental de gestion budgétaire, c’est-à-dire l’université du budget, autrement dit la couverture intégrale de l’ensemble des recettes et dépenses de l’Etat par le Budget. Y sont délibérémement ignorés le remboursement de la dette intérieure de l’Etat, certains investissements effectués directement par des PTF (Partenaires Techniques et Financiers), les dépenses fiscales et les recettes de privatisation, a ajouté le groupe parlementaire.

Loi relative à la biotechnologie

A entendre le groupe parlementaire PARENA-SADI, l’adoption d’une telle loi fait peser une menace grave sur la sécurité et la souveraineté alimentaire du pays. Aussi indiquera-t-il qu’il est établi que l’utilisation des OGM peut conduire à une dégénérescence des semences locales actuellement utilisées par les paysans, en raison de la fécondation libre. Les pollens des OGM peuvent se déplacer et infecter facilement les plantes des champs avoisinants qui, à leur tour, infecteront d’autres champs. Il en résultera au mieux une perte de stabilité de la production et une dégénérescence de nos semences locales, et au pire, à l’impossibilité de les utiliser.

A terme, le Mali sera donc totalement dépendant de l’importation de semences d’OGM brévetées par une poignée de grandes firmes multinationales de l’agro-business (les cinq à six qui assurent la totalité de la production mondiale en la matière) ou de leur fabrication locale, sous le brévet de ces mêmes firmes. La souveraineté du pays sera donc fortement affaiblie dans le domaine de l’alimentation.

Par ailleurs, compte tenu de l’extrême faiblesse du pouvoir d’achat de nos paysans, la très grande majorité d’entre eux seront dans l’incapacité de s’approvisionner en semences (actuellement, très peu utilisent les hybrides) et donc de produire. Ce qui compromet sérieusement la sécurité alimentaire du pays.

Moussa TOURE

03 mars 2009