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L’affaire parait incroyable mais pourtant elle est réelle. Le parti du Dr Oumar Mariko, le SADI, vient de s’allier avec celui de l’ancien Premier ministre, Modibo Sidibé, les FARE Anka Wili, pour constituer un Groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.jpg_une-2626.jpg

Les deux partis politiques ont formalisé, hier jeudi 6 février au siège de SADI, leur union en signant une déclaration politique qui consacre la naissance du Groupe Parlementaire FARE-SADI à l’Hémicycle. D’emblée, ce nouveau Groupe parlementaire s’est inscrit dans la forte majorité présidentielle, constituée autour du RPM, par l’Alliance pour le Mali, l’ADEMA et désormais par FARE-SADI. C’était en présence des députés élus sous les couleurs de ces formations politiques, de certains responsables de ces différents partis dont le Secrétaire général adjoint des FARE, Bakary Coulibaly et plusieurs autres cadres de SADI dont l’ancien ministre Yéhia Ag Mohamed Ali. L’Honorable Mamadou Diarrasouba, député RPM, élu à Dioïla, a également tenu à prendre part à cette cérémonie pour souhaiter la bienvenue à ce nouveau Groupe Parlementaire dans la majorité présidentielle. Il a aussi profité de cette opportunité pour souhaiter longue vie à ce nouveau regroupement qui vient réconforter le RPM dans la mouvance présidentielle. L’élu de Dioïla a aussi donné l’assurance que la majorité présidentielle sera avant-gardiste. «Quand le Président de la République va dérailler, nous allons nous rendre chez lui dire que nous ne sommes pas d’accord», a-t-il précisé.

Au cours de cette cérémonie de signature, le Secrétaire général de SADI, l’Honorable Oumar Mariko, a prôné la constitution d’un front de gauche pour le bonheur des Maliens. «Avec le RPM, le parti au pouvoir, il faut qu’on arrive à former un pôle politique solide en vue de constituer un pôle de gauche soucieux du bonheur pour le Mali. Nous allons nous retrouver entre nous socialistes», a déclaré l’Honorable Mariko. Auparavant, l’élu de Kolondièba avait reconnu l’improbabilité de cette union entre les deux partis politiques. Ce Groupe parlementaire se veut le porte- parole des ouvriers des sociétés minières de notre pays, des femmes et des jeunes dans la perspective d’un avenir meilleur. Au nombre de ses défis figure également la faiblesse des revenus des travailleurs maliens face à l’envolée du prix des denrées alimentaires. Pour l’Honorable Mariko, après la crise que le Mali a connue, «nous ne devons plus faire fi de nos passés. Nous devons nous résoudre à nous unir autour du Mali. Car, c’est seul le Mali qui compte», a-t-il déclaré.

Qui l’eut cru, il y a trois ans, que l’ancien leader estudiantin pourrait s’associer à Modibo Sidibé qu’il a combattu lorsque ce dernier était Premier ministre? Mais rien n’est surprenant dans un pays qui a failli être emporté par une crise profonde. Dans cette situation, les circonstances aidant, les amis d’hier peuvent devenir des ennemis aujourd’hui et vice-versa. Manifestement, cette soudaine amitié entre les FARE et le parti SADI est à mettre dans ce registre. En effet, à la faveur de la constitution des Groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, ces deux formations politiques se voient obligées de s’associer pour avoir le nombre de députés requis. Car, aucun de ces partis n’a, à lui seul, les 10 députés nécessaires pour former un Groupe parlementaire. Alors mariage de raison ou union circonstancielle? Le temps nous le dira.

Youssouf Diallo

Les Echos du Parlement du 7 Février 2014