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A l’instigation du groupe théâtral Nyogolon, trente-cinq artistes et comédiens suivent, depuis hier, une formation de trois jours sur la problématique du VIH/Sida. Ils seront ensuite envoyés, sur financement du Haut conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS), dans toutes les régions du Mali pour porter aux populations le message sur la pandémie du siècle.

A travers ce projet de formation et de sensibilisation, le groupe Nyogolon entend faire du théâtre une arme efficace de prévention et de lutte contre le VIH/Sida au Mali. Une belle initiative, selon le ministre de la Culture Mohamed El Moctar, pour qui l’engagement des artistes, comédiens et communicateurs traditionnels est déterminant dans ce combat.

M. El Moctar a, dans la même veine, annoncé le lancement le 25 novembre prochain des activités de la Cellule anti-Sida de son département à l’intention des cadres et personnels de la culture.

Pour le secrétaire exécutif du HCNLS, Malick Sène, la culture peut être un élément de prévention et en même temps de propagation de la maladie. « Malheureusement, des pratiques traditionnelles comme le lévirat, le sororat, la scarification, le faible statut de la femme qui persistent toujours peuvent être des vecteurs de transmission du Sida. Mais les artistes peuvent sensibiliser les populations pour l’abandon de ces choses », a-t-il expliqué.

De 1,5 % en 2001, le taux de prévalence du VIH/Sida a chuté en 2006 à 1,3 %. « Les hommes de culture, a ajouté M. Sène, ont été des acteurs importants de cette régression. Nous avons besoin de tous les artistes et de tous les communicateurs pour faire le chemin ensemble contre le Sida ».

Le lancement de ce programme, qui a regroupé plusieurs hommes de culture à la Pyramide du souvenir, a été marqué par deux prestations de la troupe « Don » de Karim Togola et du groupe Nyogolon sur la prévention, la prise en charge des malades, la nécessité de faire le test du VIH/Sida, etc.

Le groupe Nyogolon a vu le jour en 1986. Il a déjà monté plusieurs pièces sur le VIH/Sida notamment « Kulusidjala », « Yèrètanga » et « Lèfèkan », qui ont fait l’objet de quelque 400 représentations sur le territoire national.

Sidiki Y. Dembélé

24 octobre 2007.