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Les étudiants de la FSJP et de la FSEG sont mécontents de l’Etat qui leur doit neuf mois de bourses.

Les étudiants de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP) et ceux de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG) cumulent des arriérés de bourse de 9 mois. La situation est jugée pénible par leurs comités AEEM qui donnent des signes de ras-le-bol. Les étudiants qui disent être à bout de souffle imputent ces retards des bourses à la mauvaise foi de l’Etat.


Les deux facultés sont connues pour leurs années universitaires mouvementées. Elles ont même battu tous les records de grève en République du Mali. Pendant l’année universitaire 2007-2008, elles ont fait des grèves perlées qui ont fortement perturbé leurs programmes académiques. Ce qui fait d’ailleurs que l’année se prolonge dans ces écoles.

Les longues perturbations enregistrées à la FSJP et à la FSEG semblent être l’alibi trouvé par l’Etat pour geler le paiement de leurs bourses. Les autorités scolaires prennent ainsi du temps pour se donner une marge de manœuvre en attendant la fin de l’année scolaire prévue dans ces deux facultés entre septembre et octobre.
En réalité, ce ne sont pas les grèves qui expliquent tout. L’Etat a d’autres priorités comme le paiement des salaires, l’atténuation des effets de la vie chère dans un climat économique particulièrement difficile.

Le déficit du Trésor public mis à nu récemment par le Parti pour la renaissance nationale (Parena) avec 100 milliards de dettes intérieures à la date du 5 juin 2008, mais démentis par le chef de l’Etat en personne qui a réajusté les chiffres à 85 milliards de nos francs, peut être un motif du retard des bourses de la FSJ et FSEG.

En tout état de cause, des étudiants de ces deux facultés croient être victimes d’une injustice de l’Etat. Ils pensent surtout qu’il y a deux poids deux mesures en s’appuyant sur le cas de la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) qui n’a jamais connu de retenus de salaire dans leur refus d’évaluer depuis plusieurs mois.

La grève est un droit au Mali, mais les grévistes doivent s’attendre à des retenus sur leurs salaires au prorata du nombre de jours de grève. Mais pour le cas de la Coses, l’Etat se trouve dans un embarras total. Les militants de la Coses n’ont pas abandonné leurs postes. Au contraire, ils vont à l’école, mais refusent tout simplement d’évaluer. Or, la loi sur la grève au Mali est muette sur cet aspect des choses.

Abdrahamane Dicko

03 Juillet 2008