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Quatre départements ministériels : celui de l’élevage et de la pêche, du
Commerce et de la concurrence, de l’économie et des Finances ainsi que de
la sécurité intérieure et la protection civile ont conjointement signé le
vendredi 10 février dernier un arrêté portant interdiction temporaire
d’importation des oiseaux et produits avicoles.

En plus des oiseaux domestiques, de leur viande, oeufs, plumages,
l’interdiction énoncée dans l’article 1er couvre également les matériels
pathologiques ou suspects de même que les produits biologiques non traités
par un procédé assurant les destruction du virus de la grippe aviaire.

L’importation de poussin d’un jour et d’oeufs à couver est autorisée à
condition, indique l’article 2, qu’ils proviennent de pays indemnes, au vu
des informations de l’OMS (OIE), de grippe aviaire. Etant entendu que les
oeufs provenant de l’importation doivent toujours être soumis à la
désinfection avant toute consommation.

C’est donc pour porter à leur connaissance cet arrêté interministériel
que ce vendredi Ibrahim Oumar Touré, ministre de l’Elevage et de la Pêche,
a rencontré en réunion extraordinaire le Comité technique de Coordination
de lutte contre la grippe aviaire.

Après avoir remercié les membres de ce Comité technique pour leur
assiduité aux réunions hebdomadaires et la presse publique comme privée
pour le rôle joué dans l’information des populations sur la maladie, le
ministre de l’élevage et de la pêche a attiré l’attention des participants
sur les récents développement de la grippe aviaire.

« Depuis 48 h la grippe aviaire est présente sur notre continent… » a-t-il
déclaré en s’appuyant sur le cas du Nigeria qui a déjà enregistré des
foyers d’infection et perdu plusieurs centaines de volailles contaminées
par le virus H5 N1.
Ce qui est arrivé au Nigeria doit nous amener à comprendre que la maladie
peut arriver partout. Et aucun pays n’est à l’abri.

Ce qui, à en croire le
ministre Touré, doit nous amener, au Mali, à approfondir la réflexion pour
renforcer nos mesures, notre dispositif de prévention.
Occasion aussi pour lui de lancer un appel pressant aux partenaires afin
de doter le département des ressources financières nécessaires pour
l’organisation de la stratégie de défense.

La grippe aviaire est une maladie hautement pathogène qui peut être
transmise à l’homme dans certaines conditions. De janvier 2004 à nos
jours, elle a été enregistrée dans plusieurs pays du monde (Belgique,
Bulgarie, Afrique du Sud, Cambodge, Chine…).
Le Mali, selon une fiche technique du ministère de l’élevage, est dans une
zone à faible risque. Toutefois indique le document, il ne faut pas
baisser la garde.

Les zones du Delta central Nigérien et le bassin du
fleuve Sénégal étant des territoires d’accueil des oiseaux migrateurs.
Saisi déjà de la question par une Communication verbale, le 26 octobre
2005, le conseil des ministres qui a pris acte de cette Communication
avait aussitôt instruit la mise en oeuvre des mesures envisagées par le
Comité technique de Coordination pour la lutte contre la grippe aviaire.

C’est dans ce cadre que le dispositif juridique existant sera renforcé. Il
s’agit notamment de la loi n°01-022 du 31 mai 2001 régissant la répression
des infractions à la police sanitaire sur le territoire de la république
du Mali.

C’est aussi le cas du Décret n°01-339/PRM du 09 août 2001 et de
l’arrêté interministériel n° 04-0596/MIC/MEF/MAEP-SG du 18 mars 2004
portant interdiction sur toute l’étendue du territoire d’importation de
viande de poulet.

A ceux-ci, il faut ajouter les Comités de veille contre
la grippe aviaire crées au niveau de toutes les régions et du District de
Bamako.

Oumar Diamoye

13 février 2006.