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Tout est bien qui finit bien. En effet, les internes qui depuis quelque temps, avaient alterné grève et sit-in pour non satisfaction de leurs revendications visant à améliorer leurs conditions de vie, ont finalement repris du service dans les établissements et autres centres de santé de référence.

Malgré les nombreuses négociations engagées entre les directions des hôpitaux et le département de la Santé, les choses ne s’étaient pas calmées. Au Point G comme à Gabriel Touré, des échauffourées avaient opposé les grévistes aux forces de l’ordre, faisant à chaque fois des blessés parmi les internes.

Pour le grand bonheur de tous, vendredi dernier, au ministère de la Santé, les négociations convoquées sous la médiation du professeur Bouba Diallo, cardiologue à l’hôpital du Point G, ont abouti à un protocole d’accord.

Ainsi, il est confirmé dans ce document, que les deux parties, i.e., établissements hospitaliers et coordination nationale des internes, ont finalement abouti à un consensus, en attendant que le statut d’interne soit fixé par les textes prévus par la loi hospitalière. Il s’agit de la convention hospitalo-universitaire, des modalités fixant l’organisation du concours d’internat et les conditions d’emploi des internes ainsi que les modalités de rémunération des activités hospitalières.

Sur la base d’une proposition faite par Daba Diawara secrétaire général du département de la Santé et rejetée dans un premier temps par les internes, hôpitaux du Point G et de Gabriel Touré, vont porter l’enveloppe globale affectée trimestriellement aux internes à 3,5 millions pour les trois derniers mois de l’année, contre un peu plus de 2,6 millions de Fcfa jusqu’à présent.

En 2007, les hôpitaux consacreront une ligne budgétaire à l’emploi des internes et à l’emploi de ceux qui ne réussiront pas au concours d’internat. Dans ce cadre, dans le protocole, il est alors demandé à l’hôpital de Kati, de verser à ses internes les mêmes rétributions perçues individuellement par leurs homologues du Point G et de Gabriel Touré.

De même, dans le protocole d’accord, il est prévu que la direction administrative et financière du ministère de la Santé, mette des ressources à la disposition des centres de santé de référence (Csref), recevant les internes.

Les internes doivent cependant communiquer aux directions des hôpitaux la liste actualisée des étudiants faisant fonction d’interne.

Pour la bonne transparence des dépenses, le protocole stipule que les paiements seront faits individuellement au niveau des directions et des médecins chefs de centre de santé de référence.

Un point d’accord a été trouvé par rapport au principe de la connexion à Internet. Le protocole indique que chaque établissement mettra à la disposition des internes, une salle d’une dizaine d’ordinateurs connectés au net.

Concernant la vaccination contre l’hépatite B, le protocole indique que les directions générales des hôpitaux et la direction régionale de la santé du District de Bamako, s’engagent à poursuivre la vaccination contre l’hépatite B.

Une autre disposition de l’accord indique que les internes, leurs conjoints et enfants, bénéficieront désormais de la gratuité des examens complémentaires au même titre que le personnel titulaire.

Suite aux violences engendrées par les débrayages dans les hôpitaux de Gabriel Touré et surtout du Point G, qui ont occasionné des dégâts matériels, le protocole indique que les établissements, renoncent à poursuivre par voie judiciaire la réparation de ces dommages liés aux événements.

Bien que se réjouissant de l’issue de la situation, Mamadi Sissoko, le directeur général adjoint de l’hôpital du Point G a estimé que : « C’est dommage qu’on ait attendu si longtemps pour voir le dialogue aboutir« .

Chaka Keita, secrétaire général de la coordination nationale des internes, au nom de tous ses collègues, a présenté lundi sur les antennes de l’ORTM, les excuses de sa corporation aux malades et autres usagers des hôpitaux, ainsi qu’à leurs professeurs, c’est à dire leurs encadreurs, pour toutes les perturbations causées par leurs grèves et sit-in.

30 novembre 2006.