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Après le SYLIMA le 4 mai dernier, le SAM a, à son tour, entamé depuis le 12 mai à minuit, une grève illimitée. Cet arrêt de travail du premier syndicat de la magistrature est la suite logique de son préavis de grève déposé sur la table du gouvernement le 27 avril 2009. Un seul point figure dans ce préavis, selon le président du SAM, M. Fodié Touré, à savoir, la problématique des indemnités allouées aux magistrats et prévues dans le buget d’Etat 2009.

Puisque la loi de finances 2009 a budgétisé l’augmentation de la prime de judicature, pourquoi on est arrivé à ce point de non retour ? Où en est-on avec les négociations ? Pourquoi un préavis de grève en un seul point ? Voilà, entre autres, les questions qui seront répondues ce matin par le Comité Directeur (CD) du Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM) présidé par Fodié Touré, également Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de la Commune I du District de Bamako.

L’unique raison de la grève illimitée du SAM

Un seul point figure dans le préavis de grève du Syndicat Autonome de la Magistrature (SAM). Il s’agit de l’augmentation de la prime de judicature allouée à tous les magistrats. Cette prime a été fixée par le Comité de Directeur du SAM à 250 000 F CFA pour les magistrats de grade exceptionnelle, 225 000 F pour les magistrats de 1er grade et 200 000 F CFA pour les magistrats de 2ème grade. Puisque ces augmentations ont été budgétisées dans la loi de finances 2009, pourquoi attendre cinq mois pour déclencher une grève illimitée ?

Selon nos sources, c’est la position de certains militants du SAM qui aurait retardé l’effectivité de la grève. En effet, au SAM, il y a de hauts magistrats du parquet et du siège et par définition plus proches du pouvoir politique que les magistrats ordinaires. Mais par rapport à l’augmentation de la prime de judicature, tous les magistrats sont dans leur droit de la revendiquer d’autant plus qu’elle a été budgétisée dans la loi de finances 2009.

Que dit la loi de finances 2009?

Dans la loi de finances 2009, il est écrit que le budget de la justice au titre de l’exercice 2009 s’élève à 11,307 milliards de FCFA contre 9,776 milliards de FCFA en 2008, soit une augmentation de 15,60%. Cette augmentation s’explique par la prise en charge des préoccupations contenues dans le PDES.

En 2009, il est pris en charge la valorisation des primes et indemnités des magistrats et autres assimilés portant ainsi la masse salariale globale de la justice à 4,901 milliards de FCFA contre 4,124 milliards de FCFA en 2008, soit un taux de progression de 18,83% par rapport à 2008.

Dans le cadre de la promotion de la gouvernance démocratique et des libertés publiques à travers le PRODEJ, il est inscrit dans le budget 2009 :

– La construction et l’agrandissement d’infrastructure servant de siège pour les services, Palais de justice, Maisons d’arrêts pour un montant de plus d’un milliard de FCFA ;


Le recrutement de 255 agents dans le cadre du renouveau de la justice entre autres.

Depuis le 13 mai, les cours et tribunaux sont paralysés sur toute l’étendue du territoire. Hier, nous avons fait un tour hier dans certaines juridictions de la capitale comme la Cour d’Appel, la Cour Suprême, les Tribunaux de Première Instance des Communes I et III. Dans toutes ces juridictions, les portes et les fenêtres étaient fermées. Il n’y a ni magistrats, ni greffiers encore moins de secrétaires de greffe et de parquets.

Contacté par nos soins, le président du SAM nous apprend qu’il anime aujourd’hui une conférence de presse pour édifier l’opinion. A la question relative aux négociations avec le gouvernement, Fodié Touré a répondu que les portes ne sont pas fermées aux négociations.

“Nous sommes en contact avec le Président de la République qui est en même temps le président du Conseil Supérieur de la Magistrature. Nous sommes également en pourparlers avec notre département de tutelle”, a-t-il indiqué.

Daba Balla KEITA

14 Mai 2009