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Le Syndicat libre de la magistrature (Sylima) et le Syndicat autonome des greffiers et secrétaires de greffe et parquet (Synag) entament à partir d’aujourd’hui une grève illimitée à cause d’une promesse non tenue par ATT pour la signature du décret portant prime de judicature. Cette grève pourrait perturber la gestion du contentieux post-électoral.

Le Sylima et le Synag sont dans une logique de revendication syndicale. C’est dans ce cadre qu’ils ont déposé une plate-forme de doléances en 15 points courant mars 2009. Une grève de trois jours s’en est suivie vers la mi-avril et transformée en grève illimitée.

La grève illimitée lancée à quelques jours du dépôt des listes de candidature pour les élections municipales du 26 avril 2009 était une entrave à la gestion du contentieux préélectoral. C’est pourquoi les autorités ont jugé utile de solliciter la médiation de la Cour suprême et du barreau malien pour la levée du mot d’ordre de grève.

Le président de la République aurait donné sa promesse de satisfaire la principale revendication relative à l’octroi de la prime de judicature. Il avait pris l’engagement de signer le décret avant la fin du mois d’avril 2009 avec effet au 31 octobre 2009. La prime de judicature est une sorte de récompense des efforts des magistrats pour le temps qu’ils passent à l’instruction d’un dossier. Cette prime qui était de 80 000 à 100 000 F CFA doit augmenter de 200 000 à 250 000 F CFA selon les grades.

La promesse présidentielle faite par médiateur interposé a amené le Sylima et le Synag à lever le mot d’ordre de grève illimitée et à s’occuper du contentieux préélectoral en brandissant la menace de reprendre les hostilités en cas de défaillance des autorités.

La grève illimitée prévue en principe aujourd’hui est la preuve que les magistrats ne décolèrent pas contre ATT. La Cour suprême étant disqualifiée pour de nouvelles médiations, le Conseil national des personnes âgées, l’Association malienne pour l’unité et le progrès de l’islam (Amupi), le Conseil national de la société civile ont offert leurs bons offices sans succès. Sauf ultime accord et selon nos informations, les deux syndicats sont prêts à en découdre avec les autorités pour que force reste à la promesse faite par ATT.

La grève d’une partie de la magistrature risque de troubler les recours devant les tribunaux avant la proclamation définitive des résultats des communales par le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales.


Abdrahamane Dicko

04 Mai 2009