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La grève illimitée entamée hier par le Syndicat libre de la magistrature (Sylima) et le Syndicat autonome des greffiers et secrétaires de greffe et parquet (Synag) a paralysé la majorité des tribunaux de Bamako. La grève de 72 h du Syndicat autonome de la magistrature (Sam) en a rajouté à la paralysie en cette période de contentieux post-électoraux.

Le Sylima et le Synag, qui se sentent victimes d’une promesse non tenue par le chef de l’Etat qui s’était engagé à signer leur décret portant prime de judicature avant la fin du mois de mars, ne décolèrent plus. La grève illimitée qu’ils ont décidée conjointement est entrée en application lundi à minuit.

Ce mouvement de débrayage de magistrats et greffiers a paralysé, selon nos constats sur le terrain, le travail dans la plupart des tribunaux. Au Tribunal de première instance de la Commune IV, la cour qui grouille d’habitude de justiciables était quasi-vide et la salle d’audience close. Le personnel magistrat, greffier et simples agents étaient totalement absents à leurs postes.

Une preuve que la grève a été majoritairement observée. Seuls le procureur de la République, Yacouba Koné, qui assure le service minimum au niveau de son parquet et le greffier en chef étaient sur place.

Le procureur Koné nous a précisé « qu’il n’y a pas de jugement, et non plus de délivrance de certificat de nationalité parce qu’il faut nécessairement la présence du président du Tribunal pour les signer ».

Le procureur Yacouba Koné, membre du Syndicat autonome de la magistrature (Sam), a aussi affirmé être en grève suite à un préavis de grève du Sam de 72 h, « mais je suis obligé d’assurer le service minimum comme le dit la loi », a-t-il précisé. Selon lui, le Sam est en grève, mais à la différence du Sylima et du Synag les militants de son syndicat reprennent le travail mercredi matin.
Radicalisation

L’ex-Palais de justice de Bamako, désormais Tribunal de première instance de la Commune III, affichait aussi un silence de cimetière. Tous les bureaux étaient fermés, aucun personnel n’était sur place. Les gardes en faction étaient les seuls agents publics que l’on pouvait apercevoir à l’entrée. Ils informaient les usagers qu’il n’y a pas de travail.

Selon le président du Sylima, Hamèye Founé Mahalmadane, « toutes les juridictions du pays sont concernées par cette grève ». Interrogé sur un probable arrêt de travail à la Cour suprême, il a affirmé, que les travailleurs de la plus haute juridiction de notre pays ne sont pas membres du Sylima. « J’aurai été agréablement surpris qu’ils aient observé la grève », a-t-il poursuivi.

Aux dires du président du Synag, Hadia Dioumassi, les 97 % des greffiers du Mali, affiliés à son syndicat, respectent le mot d’ordre de grève illimitée. « Le Synag et le Sylima sont liés par une convention de coopération, de solidarité et d’entre aide syndicale. C’est la raison pour laquelle nous avons observé ensemble, il y a un mois, une grève d’avertissement de 72 h, chose qui a abouti aujourd’hui à la grève illimitée », a-t-il déclaré. A l’en croire, les greffiers sont les personnels d’appui des tribunaux. Ils assistent les magistrats et sont au début et à la fin de tout processus judiciaire.

Les contentieux post-électoraux avec la pluie de requêtes en annulation des partis politiques risquent de rester longtemps en souffrance. Les recours des citoyens devront eux aussi connaître le même sort si la grève illimitée perdure.


Ramata S. Kéita

(stagiaire)

05 Mai 2009