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Le Syndicat autonome de la magistrature (Sam) a mis fin à sa grève illimitée décrétée le 13 mai. Le Sylima et le Synag poursuivent la leur entamée le 4 mai, faute d’accord.

Un communiqué laconique diffusé sur les antennes de l’ORTM, le vendredi 15 mai au soir, émanant du Syndicat autonome de la magistrature (Sam) a mis fin à la grève illimitée commencée le 13 mai. Le même communiqué a invité les militants (magistrats) à reprendre le service dès ce lundi.

Sans connaître le contenu de l’accord signé entre le gouvernement et le Sam, il va sans dire qu’il repose sur la satisfaction des revendications du Sam dont le point central est l’indemnité de judicature. Au point de presse du jeudi 14 mai, le secrétaire général du Sam, Fodié Touré, accusait l’Etat « de n’avoir pas tenu ses engagements » tout en indiquant que son syndicat n’a pas dénoncé d’accord ni rompu les négociations.

Pour ceux qui ont écouté l’intervention du président de la République, ATT, sur l’ORTM le jeudi soir, à l’occasion du lancement des travaux de l’aéroport de Kayes Dag-Dag, la satisfaction des doléances du Sam ne souffraient plus de doute. ATT, mettant les magistrats face à leurs responsabilités et face aux conséquences de leur action sur les populations, les invitait à assurer un service minimum à défaut de suspendre leur grève illimitée.

Il s’est félicité de la poursuite des négociations par un syndicat qu’il n’a pas nommé mais qui n’est autre que le Sam et s’est indigné de l’arrêt des discussions par l’autre camp qu’il n’a pas non plus cité nommément, mais qui est le Sylima.

Le Syndicat libre de la magistrature (Sylima), dirigé par Hamèye Founé Mahalmadane, lié par une convention avec le Syndicat autonome des greffiers et secrétaires de greffe et parquet (Synag), tient à la satisfaction de sa doléance portant signature du décret d’indemnité de judicature. Le Sylima et le Synag ont en tout 14 autres points de doléances.

La lenteur du gouvernement à signer le fameux décret aggravée par des reports successifs a conduit les deux syndicats à dénoncer l’accord préalable mettant la date d’effet de la prime de judicature à janvier 2009 et non octobre 2008. Ils ont rompu les négociations en faisant le constat, selon lequel, « les médiateurs ne viennent jamais les voir avec des propositions concrètes », doutant ainsi de la bonne foi du gouvernement.

En tout état de cause, l’accord signé entre le gouvernement et le Sam bénéficiera à tous les magistrats du point de vue effet. Mais l’Etat aurait beaucoup plus intérêt à intéresser le Sylima et le Synag, pour mettre fin à la paralysie de la justice.

Une justice ne peut pas fonctionner sans greffiers, sans présidents de tribunaux, juges d’instruction, etc.

Abdrahamane Dicko

18 Mai 2009