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Mécontent des augmentations du prix des locations des magasins de l’ex-Peyrissac I, II, III et Unegoce situés au Grand marché, le Syndicat national des commerçants détaillants du Mali (Synacodem) avait projeté une grève de 48 h (du 26 au 27 février 2012). La grève a été annulée in extremis grâce à l’implication de certaines autorités.

Un bras de fer oppose les commerçants de l’ex-Peyrissac I, II, III et Unegoce du Grand marché de Bamako à Dionké Yernangoré dit Babou Yara. Depuis 2010, M. Yara, propriétaire de ces immeubles, a décidé d’augmenter les frais de location. Les augmentations, qui vont de 100 à 200 %, ont été jugées exorbitantes par les locataires estimés à plus de 500 personnes et qui sont des commerçants.

Depuis, le Synacodem auquel sont affiliés ces commerçants a mené plusieurs négociations avec l’implication des religieux, des notabilités et d’autres personnalités du secteur économique. En vain. Les deux parties se sont retrouvées devant le Tribunal du commerce qui ne s’est pas contenté de dire le droit en faveur de Babou Yara, mais est allé au-delà de ses prétentions.

Fort de sa décision de justice, Babou Yara a sommé par exploit d’huissier 80 de ses bailleurs à déguerpir ses magasins le 15 février 2012. Le Synacodem avait alors décidé d’utiliser l’arme de la grève à travers « un marché mort » sur toute l’étendue du Mali le lundi 27 et mardi 28 février.

Il s’agissait, pour le syndicat présidé par Cheick Oumar Sacko, de mettre les autorités devant leurs responsabilités. La stratégie consistait pour le Synacodem de débrayer les marchés et marcher pacifiquement sur Koulouba pour demander au président de la République de leur trouver des places pace que ses militants sont menacés de déguerpissement par Babou Yara.

Le président du Synacodem dit avoir finalement annulé sine die sa grève pour deux raisons. Primo, son syndicat a prêté une oreille attentive aux missions de bons offices mandatées par le président de la République, ATT et celui de l’Assemblée nationale, Pr. Dioncounda Traoré. ATT a fait rencontrer le bureau du Synacodem par le ministre de l’Industrie, des Investissements et du Commerce. Celle-ci les a fait savoir que la situation (problème du Nord) ne se prête pas à un tel mouvement dans le pays. Mme le ministre s’est engagé à renouer les fils du dialogue entre Babou Yara et ses locataires et les a surtout rassurés qu’ils ne seront pas déguerpis.

Le président de l’Assemblée nationale a, aux dires de Cheick Oumar Sacko, initié la même démarche de négociations. Il a conseillé au Synacodem de faire des propositions de taux d’augmentation et d’éviter d’avoir une position figée pour un bon déroulement des pourparlers. Secundo, le Syndicat a mis de l’eau dans son vain après avoir tenu une assemblée d’informations avec ses militants.

Selon M. Sacko, le Synacodem est un syndicat responsable et la question de paix et de quiétude dans le pays l’intéresse à plus d’un titre. C’est pourquoi, selon lui, le Synacodem a fait une contribution symbolique de 500 000 F CFA sur ses cotisations au titre de la contribution du secteur privé à l’armée nationale. « La chèvre harcelée finit par mordre », a-t-il dit. M. Sacko se plaint surtout de l’attitude du président du Groupement des commerçants détaillants du Mali, Hamma Abba Cissé.

Ce dernier est qualifié par Cheick Oumar Sacko de « briseur de grève » pour avoir tenu une assemblée générale à la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) appelant des commerçants à ne pas observer la grève. M. Sacko qui doute si Hamma Abba Cissé n’était pas en mission commandée affirme qu’il n’a aucune qualité pour parler et agir au nom du Synacodem et de ses militants.

Abdrahamane Dicko

01 Mars 2012