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La grève dans les transports lundi a été difficilement vécue par les Bamakois qui empruntent quotidiennement les moyens communs pour vaquer à leurs occupations. Hier, le trafic urbain a été fortement perturbé à l’appel à la grève de deux jours du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR).

A la première journée de la grève de deux jours, déclenchée lundi sous la houlette de Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), les populations de Bamako ont éprouvé de réelles difficultés à se déplacer. Les chauffeurs des minicars de transport en commun (Sotrama), taxis ont en effet largement suivi le mot d’ordre. Seuls quelques-uns se risquaient à transporter les populations (ils ne sont pas affiliés à un syndicat).

Les usagers ont subi la galère des transporteurs du CMTR. Face à ce diktat des acteurs du transport, certains usagers ont tout bonnement renoué avec les habitudes laissées aux villages en empruntant le « haoussa train » (la marche à pied) ou « l’auto-stop » pour rallier leur lieu de travail.

Aux environs de 9 h du matin, sur l’axe Kalaban/Quartier-Mali, plusieurs personnes attendaient impatiemment leur habituel Sotrama. La situation était plus perceptible à la hauteur du pont Fahd où était massée une foule immense composée de personnes en activités.

Ce lieu qui, habituellement, est très fréquenté par des clandos en partance pour Sogoniko, Faladié, Sénou ou la Gare routière ne comptait aucun moyen de transport en commun. Seules les voitures particulières passaient sous le regard des usagers qui guettaient un hypothétique moyen de transport.

La situation était la même au « Rail-Da ». En cette heure du petit matin où beaucoup de véhicules en provenance de l’intérieur déversent leurs passagers pour préparer un prochain départ, c’était le calme plat.

Sur les principaux points de ramassage des Sotrama et des taxis des groupes par dizaine rongeaient leurs freins. Plusieurs agents du secteur privé et public ont eu du mal à regagner leurs postes. Certains ont préféré rester chez eux.

Pour tout dire, se déplacer à Bamako était la croix et la bannière pour des usagers. « Tous les chauffeurs qui se reconnaissent en nous ont arrêté de travailler. Nous avons lancé ce mouvement pour protester contre l’injustice et le racket qui s’imposent à nous. Des policiers et militaires rançonnent les chauffeurs à longueur de journée. Nous voulons, par cette grève, attirer l’attention des pouvoirs publics sur les tracasseries dont nous sommes victimes de la part des agents de police qui nous imposent leur diktat. Trop c’est trop », a déclaré un membre du Syndicat du groupement des transporteurs.

Accusé par certains dirigeants d’être de connivence avec des éléments de la CCIM (qui contestent la mise en place du collège transitoire de la CCIM dont la grève a coïncidé avec celle des transporteurs), le président du CMTR a invité les uns et les autres à éviter l’amalgame. « Notre grève n’a rien à voir avec celle du Groupement des commerçants détaillants du Mali. Nous ne relevons pas du même ministère ».

Les policiers n’avaient trop de monde à amender. Ils étaient presque tétanisés sous leurs abris bus.

Amadou Sidibé

Les Echos du 4 Décembre 2012