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Les « Sotrama » et taxis observent depuis mardi matin, 48 h de grève. Par cette action, les chauffeurs du transport collectif et individuel dans la ville de Bamako veulent manifester leur ras-le-bol de ce qu’ils qualifient d’injustices à leur égard.

Le respect de la réglementation en matière de contrôle routier et de régulation de la fluidité de la circulation et la sécurité routière, la relecture des conventions régissant les conditions de travail des chauffeurs, l’application et la révision de l’arrêt n°001358/MICT-SG du 9 mai 2000 fixant les conditions d’établissement et de délivrance du permis de conduire des chauffeurs ayant plus de 50 ans… sont les points essentiels des revendications des syndicats et associations des chauffeurs du transport commun à Bamako.

A ces revendications, s’ajoutent quatre autres qui sont : la notification et l’explication de tout acte qui interdit l’accès de certains périmètres aux véhicules de transport en commun, la création d’une commission de suivi et l’annulation des arrêts portant l’interdiction de circuler sur la chaussée submersible de Sotuba et la réglementation de la circulation et du stationnement des gros-porteurs dans le district.

La non-satisfaction de ces différentes doléances est à l’origine de la grève d’avertissement des syndicats et associations des chauffeurs, commencée hier et qui devrait s’achever aujourd’hui mercredi.

Selon Boubacar Diabaté, secrétaire général du comité syndical de la ligne de Lafiabougou, « tous les sous-secteurs du transport sont impliqués dans cette grève. Elle est largement suivie ».

C’est une grève d’avertissement, poursuit-il, avant d’ajouter que « nous ne grevons pas pour le plaisir de grever. Mais trop c’est trop ! Quelqu’un qui n’a pas de couverture sociale, s’il va à la retraite, il fait forcément recours à la mendicité. En plus de cela, l’Etat décide de ramener la validité d’un permis de chauffeur qui a atteint 50 ans de 3 ans à un an ».


Fluidité

M. Diabaté n’est pas de l’avis de ceux qui pensent que c’est parce que les chauffeurs des « Sotrama » et taxis ne sont pas en règle que les policiers leur extorquent de l’argent. « Ce sont des alibis pour perpétuer les actes quotidiens des policiers de la CCR. A Bamako, il y a 3 000 « Sotrama » et autant de taxis. Plus de 7000 personnes travaillent sur ces véhicules. Comment quelque 250 policiers de la CCR peuvent rendre la vie impossible à toutes ces personnes. Je déplore la mauvaise volonté du patronat dans la négociation de nos revendications », se fâche-t-il.

Aux dires de Boubacar Diabaté, les « Sotrama » et les taxis n’ont pas les mêmes objectifs qu’eux. Ces derniers ont continué hier à transporter les usagers. Il ajoute que les chauffeurs des gros-porteurs se sont également désolidarisés.

Certains usagers des « Sotrama » et taxis ne semblaient pas être trop affectés par cette grève. « C’est par plaisir que je marche non pas par manque de moyen de transport. Par ailleurs, je suis très content de l’absence des ‘Sotrama’. Voyez-vous, on circule tranquillement. Il serait bon de remplacer les ‘Sotrama’ par des bus », commente un piéton.

Hier matin, les embouteillages que l’on observe chaque jour dans Bamako, durant toute la journée, ont baissé en intensité. Ce spectacle a été observé sur presque toutes les artères principales de la capitale.

Sur le Boulevard du centre ville (Dabanani), la circulation était totalement désengorgée. Mais la grève a cependant eu des impacts comme la longue attente des usagers et les retards constatés des employés et fonctionnaires non motorisés dans leurs services.

« Je suis dans l’attente du bus. Tous les bus qui passent sont bondés. Je ne suis pas pressé. Les bus sont très lents, mais sans leur présence aujourd’hui, cette grève des ‘Sotrama’ allait être pire » .

Les syndicats et associations des chauffeurs menacent d’observer d’autres grèves s’ils n’obtiennent pas satisfaction après cet avertissement.

Sidiki Doumbia

(stagiaire)

31 octobre 2007.