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Des commandos du bataillon Para de Djicoroni attaquent le commissariat de police du 14ème arrondissement

Le personnel du tout nouveau Commissariat de police du 14ème arrondissement, arrivé très tôt au service dans la matinée du mercredi 25 mars dernier, ne pensait un seul instant, avoir à faire à un commando du bataillon para de Djicoroni. Et pourtant…

jpg_commiss14arrdt22.jpg Comme une déferlante, une quarantaine d’éléments du Bataillon Para de Djicoroni a pris d’assaut ce commissariat récemment inauguré dans le quartier ACI.

Ils ont tapé sur tous ceux qui bougeaient parmi la dizaine de policiers se trouvant sur les lieux au moment des faits. Submergés par le nombre, ceux-ci ont voulu se procurer des armes afin d’assurer leur sécurité.

Fort heureusement, les assaillants se retirèrent vite non sans faire un blessé et des dégâts matériels. Si le calme est aujourd’hui revenu dans les lieux suite aux démarches effectuées par la hiérarchie du Camp para, les policiers restent sur le qui-vive au motif que les assaillants ont promis de revenir. Comment en est-on arrivé ?

Un banal accident de la circulation routière serait à l’origine de l’accrochage, voire de l’agression perpétrée par le commando sur le personnel du Commissariat du 14ème arrondissement.

jpg_policeDr212.jpgIl ressort de nos recoupements qu’un élément du bataillon para circulant sur une moto Jakarta, a été impliqué dans un accident de la circulation avec un automobiliste. Au moment où les policiers du 14ème Arrondissement procédaient aux constations d’usage, des militaires effectuant leur sport matinal, se sont vite mêlés de l’affaire et ont pris à partie les policiers en service lesquels, sous la menace d’une agression, décidèrent de regagner leur commissariat. Cela ne suffit à pas à calmer les ardeurs de nos soldats.

Ces derniers se rendirent plus tard au commissariat et réclamèrent que le conducteur du véhicule leur soit remis quand bien même, l’intéressé n’était pas détenu en ce lieu. Ils ne supportèrent pas que l’élément de garde leur interdise l’accès du Commissariat et commencèrent alors à cogner sur tous ceux qu’ils rencontraient sur leur chemin. Les policiers se défendirent comme ils pouvaient.

Envahis par le nombre, ils tentèrent de se procurer des armes afin d’assurer leur défense. Fort heureusement, les assaillants n’attendirent pas. Ils se retirèrent quelques instants plus tard en laissant derrière eux un blessé.

Ils promirent aussi de revenir plus tard afin de parachever leurs œuvres. Une menace que les policiers ont pris très au sérieux et à l’origine de l’état d’alerte. Ce, malgré l’appel au calme, des excuses et la promesse de sanctions exemplaires de la hiérarchie militaire contre les auteurs de l’agression.

Il nous revient en effet, que le commandement du camp para envisage un conseil de discipline, voire une vague de radiation dans le rang des meneurs. Tous sont, en ce moment aux arrêts de rigueur en attendant d’être fixé sur leurs sorts respectifs.

Cet incident n’est pas le premier du genre. Le commissariat de police du 7ème Arrondissement a, dans les conditions similaires, fait objet d’une expédition punitive d’un groupe de militaires issus du même bataillon para en 2003. Le principal instigateur de l’affaire a alors été purement et simplement radié du corps.


B.S. Diarra

Aurore du 30 Mars 2009