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En acceptant le déploiement « discret » des forces de la CEDEAO à Bamako et en demandant officiellement au secrétaire général de l’ONU « l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées. », les autorités maliennes facilitent le travail des chefs d’Etats et des diplomates conviés aujourd’hui réunion consacrée au Sahel, en marge des travaux de l’Assemblée générale de l’ONU. Des décisions que la diaspora malienne de France avait ouvertement réclamées lors d’un « Grand rassemblement pour la paix au Mali » le 22 septembre à Montreuil, dans le département de la Seine-Saint-Denis, en région parisienne.

L’objectif de cette manifestation organisée par le Collectif des associations maliennes en France, et qui coïncide avec le 52e anniversaire de l’indépendance du Mali était, selon un des organisateurs, Demba Diabira, par ailleurs président de l’Association Guidimakha Danka France, « d’exprimer la solidarité de la diaspora avec les populations du nord sous occupation, son attachement à la paix et à l’entente entre Maliens ».

Au terme de débats sur les conditions de vie des militaires dans les casernes, la dégradation du climat social dans la partie nord occupée par les groupes islamistes, la responsabilité des acteurs politique et de la société civile face « à ces moments d’humiliation », les Maliens de France ont lu une déclaration « Réponse à ton appel Mali » dans laquelle ils condamnent l’usage de la violence, des pratiques moyenâgeuses comme forme d’expression et mode de gouvernance et refusent la partition de leur pays. « Nous proclamons ici, maintenant et pour toujours que l’intégrité territoriale, le respect de nos cultures et pratiques cultuelles, fondements de notre unité et de cohésion sociale, sont des valeurs cardinales qui ne sont pas négociables », écrivent-ils avant de « lancer un appel pressant aux différents protagonistes de se ressaisir sans délai et mettre en avant l’intérêt supérieur du Mali ».

De passage à Paris en partance pour New-York, le ministre des Affaires étrangères Tieman Coulibaly a confié que « le Mali ne s’est jamais senti aussi mal » et remercié ses compatriotes pour leur mobilisation contre ce qui se passe au nord. « Rassurez-vous, le 22 septembre 2013, l’anniversaire de notre indépendance sera célébré autrement ».

Après avoir rappelé l’offre de dialogue fait par le président Dioncounda Traoré, il a déclaré que « l’intégrité du pays et le caractère laïc de la république du Mali ne sont pas négociables ». Et « si le dialogue échoue et qu’il ne reste que la guerre, alors nous la ferons car ce sera la guerre de la civilisation contre l’obscurantisme, la liberté contre ceux qui violent, pillent et contraignent les filles de 12 ans à se marier ».

Le « Grand rassemblement pour la paix au Mali s’est achevé par un grand concert initié par le musicien malien Cheick Tidiane Seck, auquel ont participé une quarantaine d’artistes maliens et africains dont le célèbre couple Amadou et Mariam, Oumou Sangaré, Manu Dibango, Lokua Kanza, Jean-Philippe Rykiel, Kandy Guira, etc.

Joachim Vokouma

Lefaso.net

26 Septembre 2012