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Abdoulaye Diaby, un agent de change de devise au grand marché de Bamako près de l’immeuble Djigué, vient d’abuser de la confiance de six de ses collaborateurs auprès de qui, il avait emprunté la somme de 200 millions de FCFA pour une opération de change en Euro. Avant de prendre la poudre d’escampette. Cueilli dans sa cachette, le mardi dernier, dans la ville de Sikasso par ces créanciers, M. Diaby croupis désormais à la prison centrale de Bamako.

Abdoulaye Diaby, le présumé escroc, avait son quartier général près de l’immeuble Djigué SA où il faisait ses opérations de change de devise. Grâce à son grand-frère -qui est très connu et respecté dans le milieu- lui aussi s’est forgé un nom et la confiance de ses collègues qui interviennent dans le domaine. « Cependant, sa manière de mener les opérations ces derniers temps à commencer à nous inquiéter. Car, on lui prêtait de l’argent pour une opération. C’est, jusqu’au lendemain, qu’il venait faire le compte rendu», indique l’une de ses victimes.

Ainsi, le lundi 20 août, les soupçons de ses collègues sont devenus une réalité. Car, Abdoulaye Diaby a abusé, ce jour-là, de la confiance de cinq de ses collègues en empruntant la somme de 160 millions de FCFA (en euros). Un montant destiné à être échangé contre le FCFA d’un homme d’affaire chinois, qui devrait se rendre à l’extérieur pour ses affaires. Lorsqu’il informa ces cinq collègues, ceux-ci ne doutaient guère qu’ils étaient en face d’une duperie. Selon les récits faits par ses victimes, de nombreuses opérations sont monnaie courante dans leur milieu et apportent souvent de gros bénéfice. C’est ainsi que ces cinq collègues Cheick Oumar Coulibaly, Mohamed Assim Diaby, Abdoul Kadri Diaby, Mohamed Bechir Siby, sans autre forme de procès, ont pu collecter les 160 millions de FCFA avec une promesse de ramener leur argent le même lundi.

Mais, M.Diaby a su les convaincre de reporter le remboursement au lendemain, à savoir mardi matin. Une manière pour lui de bien préparer sa fuite dans la nuit du lundi au mardi dans la capitale du Kénédougou. Ainsi, comme il fallait s’y attendre, M. Diaby n’honore pas à son rendez-vous et met ses deux numéros téléphoniques sur répondeurs. « Il se trouve également qu’en plus de ces cinq personnes, il avait joué le même coup à un certain Sekouba Diaby dans la journée de ce même lundi. A qui, il avait emprunté la somme de 50 millions de FCFA (en pièce d’Euro). Et, c’est ce dernier qui fut le premier à mettre la main sur lui dans la capitale du Kénédougou devant une banque. Et, il n’avait que 33 000 euros soit environ 20 millions de FCFA sur lui», a révélé Cheick Oumar Coulibaly. Avant de le transférer à Bamako au niveau de la gendarmerie du camp I, celui-ci a pris le soin de saisir ce montant. Ainsi quant aux cinq autres victimes dont le montant s’élève à 160 millions de FCFA, ceux-ci n’ont pas mis la main sur un copeck de leur argent.

«Les gendarmes du camp I n’ont pas pu faire craquer M. Diaby pour qu’il révèle là ou il a caché notre argent. Il a juste révélé qu’il a remis une partie de notre argent à un certain Wahab Djiguiba, commerçant qui se trouverait actuellement à Dubaï. Au-delà, il refuse de donner les noms de ses complices. « Je ne veux pas perdre la confiance de mes complices » aurait déclaré le présumé escroc aux gendarmes. Des propos que ces créanciers considèrent comme une provocation et une insulte à leurs égards. Après deux jours d’interrogatoires sans succès au niveau du camp I, M. Diaby fut mis à la disposition du tribunal de la commune III, le vendredi 24 août. Là-bas, également, les victimes disent avoir le sentiment qu’ont veut leur tourner en rond.

«M. Diaby possède notre argent. C’est clair et net. Il faut qu’il nous rembourse. Car, nous ne pouvons pas comprendre que 48 heures après son forfait qu’il puisse dilapider 200 millions de FCFA. C’est impossible », a soutenu une de ses victimes. Dans tous les cas, ceux-ci vont même à se demander, si ce ne sont pas ses complices dont il a refusé de dénoncer qui sont entrain d’étouffer l’affaire en douce.

Affaire à suivre.

Kassoum THERA

L’Indépendant du 27 Août 2012