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Décidément, certaines femmes ministres de l’équipe Modibo Sidibé semblent avoir du mal à s’imposer dans les arcanes de la gestion gouvernementale, tant leurs prestations sont de loin en deça des attentes du Chef de l’Etat, de son Premier ministre et du peuple malien.


La preuve:

Sur les sept femmes ministres qui figuraient dans le gouvernement, on n’en compte plus que six. Et seules deux d’entre-elles semblent tirer leur épingle du jeu, au niveau de leurs départements respectifs : Mme Diarra Mariam Flantié Diallo de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, et Mme Maïga Sina Damba de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Pour les autres femmes ministres, c’est comme dirait l’autre : “Que Dieu nous sauve“.

Ainsi, après le départ “forcé” de Mme Bâ Fatoumata Nènè Sy ( pour “incapacité et incompétence avérées”, soutiennent les uns ; par “démission ”, retorquent les autres), quelle sera la prochaine femme sur la liste des partantes volontaires ou involontaires ? Et bien des citoyens, d’indexer, à tort ou à raison, la ministre de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo.

Pourtant, en plus d’être très appréciée par ses étudiants, cette Professeur d’université est une amoureuse bon teint de la nature et de l’environnement. Mais plutôt que dans un bureau ministériel, c’est en classe qu’elle donne l’impression d’être plus éclairée, plus intelligente et mieux inspirée.

A Mme Sidibé Aminata Diallo, certains syndicalistes du cycle fondamental prêtent le sentiment de leur vouer de l’indifférence, voire du mépris. Selon eux, pour l’atteinte des objectifs de l’Education Pour Tous (EPT), et pour la solution aux problèmes de scolarisation, elle n’aurait d’autres alternatives que… la réduction des naissances.

Pour ce faire, elle encourage seulement le planning familial et l’utilisation du contraceptif par les femmes, dit-on. Une solution jugée “banale et insuffisante”, surtout venant d’une environnementaliste aguerrie. Et ses détracteurs, d’enfoncer le clou, en fustigeant qu’au delà de la contraception, une telle personne serait capable d’aller plus loin, en demandant tout simplement… la légalisation de l’avortement.

Si le 16 Avril 2008, le Secrétaire Général du département de l’Education de Base à tenté de prendre langue avec la Fédération de l’Education Nationale ( la ministre étant jugée “trop orgueilleuse pour cela ”), il est clair que cette fois-ci, M. Aboubacrine Alpha ne disposera guère d’arguments pour venir au secours de sa supérieure hiérarchique, “apparemment atteinte d’amnésie”, clament encore les mécontents de la ministre.

En effet, jugent les fustigeurs, rien ne justifiait cette facilité de langage avec laquelle Mme Sidibé Aminata Diallo s’était illustrée à l’IFM de Sikasso, oubliant de loin ses propres propos tenus à Mopti, en Mars dernier, lors du lancement du Programme d’alimentation scolaire.

Rappelons en effet que dans un village de la “Vénise malienne“, la ministre déclarait, parlant des cantines scolaires : “…C’est une volonté politique d’éduquer et de nourrir tous les enfants du Mali pour atteindre plus rapidement les objectifs de la scolarisation universelle 100%, à l’horizon 2012”. Des propos qui jurent avec la réduction des naissances prônée à Sikasso par la ministre elle-même.

Aussi, des citoyens se posent la question: Mme Sidibé Aminata Diallo, qui avait pourtant suscité plein d’espoirs dès sa nomination, aurait-elle déjà montré ses limites? Son plan pour pallier les problèmes de la
scolarisation au Mali est-il susceptible de susciter la colère des bailleurs de fonds qui ne cessent d’injecter des millards pour que l’Education Pour Tous (EPT) soit une réalité dans notre pays?

Par ailleurs, non seulement la ministre communique peu, mais elle ne cesse de montrer des signes criards de désintérêt envers les partenaires sociaux de l’école, se plaignent des acteurs du milieu. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’elle se propose de condamner “ces milliers de Maliens qui devraient naître pour renforcer les bras vaillants”. Surtout que le Mali ne compte, en réalité, que moins de 10 habitants au km2.

Et le plus difficile reste à venir: à Mme Sidibé Aminata Diallo, on reproche son tempérament par trop émotif. Or, à un certain niveau de responsabilité, on ne règle pas les problèmes avec de l’émotion, mais avec des actions. Aussi se demande-t-on : comment réagirait-elle, le jour où elle devra se défendre devant un Oumar Mariko du parti SADI ou un Hamidou Diabaté du PARENA, dans les “prétoires” de la salle Modibo Keïta de l’Hémicyle?

Et les détracteurs de la ministre, de se muer en prédicateurs : à l’allure où elle va, Mme Sidibé Aminata Diallo marche sur les traces de Mme Bâ Fatoumata Nènè Sy, soutiennent-ils. Sauf qu’à la différence de cette dernière, Mme Sidibé dispose encore d’autres cordes à son arc, parlant de compétences.

La ministre de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Natinales bénéficie donc d’une alternative au limogeage. Et en étant consciente, c’est à elle d’en profiter.

Adama S. Diallo

30 Avril 2008