Partager

siaka-4.jpg

Le gouvernement et ses partenaires de l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm) se sont retrouvés hier pour relancer le dialogue social. La partie gouvernementale était conduite par le ministre de la Fonction publique et du Travail, Me Abdoul Wahab Berthé. Celle de l’Untm était dirigée par le secrétaire général de la centrale syndicale, Siaka Diakité. La rencontre visait en fait à poursuivre les discussions sur les points de revendication des syndicats, qui n’ont pas encore fait l’objet d’accord entre les deux parties, dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte de solidarité pour la croissance et le développement.

« Il ne s’agit point d’ouvrir une nouvelle page de négociations sur le Pacte, mais de formaliser un cadre d’échanges pour permettre aux équipes techniques de se retrouver périodiquement pour discuter« , a expliqué Abdoul Wahab Berthé, en notant que c’est là la manifestation d’une volonté commune des deux parties d’entretenir le dialogue social.

Siaka Diakité s’est félicité de cette initiative avant d’ajouter que l’Untm a répondu à l’invitation du gouvernement parce qu’elle est convaincue de la vertu du dialogue social. Mais la patron de centrale syndicale a averti que les actes et les comportements de l’Untm se feront en fonction de la façon dont les échanges se dérouleront. Siaka Diakité, qui au début s’interrogeait sur l’objet de la réunion, a souhaité une évaluation de la mise en œuvre du Protocole d’accord.

Pour le ministre Berthé, il s’agit tout simplement d’une prise de contact entre le département et l’Untm pour revoir la méthodologie des discussions. Il a indiqué que l’essentiel pour lui n’est pas « de signer pour signer« , mais de s’engager sur ce qui est possible de faire concrètement.

Rappelons que dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte de solidarité pour la croissance et le développement, la centrale syndicale avait adressé au gouvernement un cahier de doléances comportant une vingtaine de points de revendications : l’avancement des fonctionnaires qui, à la veille de leur départ à la retraite, ont bénéficié au moins de la notation « Bon« , la baisse des tarifs d’eau, d’électricité, de téléphone, des produits pharmaceutiques et des carburants, la relecture des conventions collectives, la publication du bilan de des privatisations. Les syndicalistes avaient également demandé le renforcement des mandats des responsables syndicaux en les protégeant contre certains abus (comme cela s’est passé selon eux à Transrail, Somapil, Graphic Industrie, Betram-SA, Métal-Soudan…).

L’Untm revendiquait par ailleurs l’arrêt de la contractualisation des emplois dans la Fonction publique d’État et le réexamen de l’équilibre des grilles par catégories. Autres doléances : l’octroie d’une subvention conséquente à l’Untm, l’augmentation du taux des allocations de retraite à tous les travailleurs du secteur public, parapublic et privé, l’accélération du processus de privatisation de la Sotelma et l’application du plan stratégique de relance de l’ONP adopté par le gouvernement.

Et ce n’est pas tout. Les responsables syndicaux demandaient aussi de diligenter la réinstauration du fonds minier, de revoir les politiques d’ajustement structurel en vue de leur adaptation aux besoins du pays, et les conditions de privatisation de la CMDT et de faire élaborer au niveau tripartite, un chronogramme de mise en œuvre de l’agenda pour promouvoir le travail décent.

Au terme de plusieurs rounds de négociations entre le gouvernement, le Patronat et l’Untm, un protocole d’accord a été signé entre les trois parties. Une commission de suivi de la mise en œuvre de ce Protocole d’accord est installée pour suivre son état d’exécution. Cette commission se réunissait périodiquement.

Avec la présente rencontre, il s’agit pour les parties de revoir les missions de cette commission et de s’entendre sur une nouvelle feuille de route pour ladite commission.
Le ministre Berthé a indiqué qu’il souhaiterait que la commission qui a un caractère technique, commence ses réunions dès la semaine prochaine, une fois qu’un consensus aura été sur un canevas de travail.

A O. DIALLO – L’Essor

02 Avril 2008.