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Pour preuve, pas plus que le mardi dernier, le ministre Amadou Touré rencontrait une délégation de la FEN, conduite par son secrétaire Youssouf Ganaba. Tout au contraire de la COSES qui s’est superbement illustrée par son absence à une réunion convoquée par le département de l’Education Nationale, le samedi dernier.

Et le comble de tout, c’est que les syndicalistes de la COSES adressaient une lettre de désobéissance au Premier ministre, dans laquelle ils disent clairement qu’ils ne travailleront plus avec le ministre Touré en qui ils ne voient plus de qualité d’interlocuteur.

On a vu des syndicats beaucoup plus intransigeants que la COSES, à la seule différence que ceux-ci ont toujours fait du compromis (sans compromission bien sûr) l’une de leurs armes syndicales, sachant bien qu’un syndicat sort de son cadre de défense des intérêts de ses mandats, une fois qu’il se fige dans une position dogmatique, avec, comme grain de sel, un conflit de personne.

Un rubicon que Tiémoko Dao et ses camarades ont franchi sans état d’âme, car refuser de voir au ministre de tutelle la qualité d’interlocuteur signifie demander sa démission. Est-ce là le rôle d’un syndicat?

Toujours est-il que la société civile malienne, dans son ensemble, pense que la COSES n’est plus un syndicat, mais un groupe d’hommes qui n’aspirent à autre chose qu’à prendre l’école malienne en otage, l’avenir des enfants avec. “Rupture du dialogue n’est pas malien”, diront en écho les responsables de la société civile, lors de leur rencontre avec le ministre Touré, fustigeant ainsi le comportement peu amène (syndicalement parlant) de Tiémoko Dao et camarades.

Aussi, la COSES, en prenant la décision unilatérale de rompre tout contact avec le ministre Touré, s’auto-exclue du dialogue, met en danger ses membres et militants, et coupe d’herbe sous les pieds des bonnes volontés jouant la médiation.

“Le dialogue reste toujours mon arme” , a dit et ne cesse de répéter le ministre Amadou Touré. Et c’est en vertu de cette foi au dialogue que le Pr Touré entend rencontrer de nouveau les responsables de la COSES. Sauront-il faire preuve de maturité syndicale en acceptant le dialogue ? Rien n’est moins sûr !


Ce que la COSES appelle Accord du 17 Juillet

“Le ministre Amadou Touré nous méprise, parce qu’il refuse de reconnaître l’accord intervenu entre nous et l’ancien Premier inistre, Ousmane Issoufi Maïga, le 17 Juillet 2007”, fustigent les responsables de la COSES. “Si réellement il y a eu accord le 17 Juillet 2007, qu’on me montre une copie dudit accord , et je l’applique sur-le -champ”, retourque le ministre Touré. Impossible de décéler, dans ces propos du ministre, un quelconque signe de langue de bois.

Toujours est-il que les responsables de la COSES n’ont toujours pas pu démontrer la preuve de quelque accord signé le 17 Juillet 2007. En fait, dans ce que la COSES appelle “accord”, il ne s’agit ni plus ni moins que de simples propositions consignées dans une déclaration.

Ainsi, dans l’introduction de cette déclaration, il résulte ce qui suit : “Suite à la rencontre avec le Ministre intérimaire de l’Education Nationale, le 05 Juillet 2007, et aux différentes rencontres Gouvernement-Syndicats, sous l’égide de la Commission de Médiation, les 08, 10, et 13 Juillet 2007, autour du problème de rétention des notes, en vigueur depuis 16 Février 2007, le Premier ministre (Ousmane Issoufi Maïga), Chef du gouvernement, a rencontré le bureau du CEN-SYNTES le mardi 17 Juillet à partir de 15 heures. Au cours de cette rencontre, le Premier ministre, en sa qualité de Chef du gouvenement, a fait au syndicat les propositions suivantes…”

Et dans cette déclaration, sur le point qui constitue aujourd’hui la pomme de discorde entre la COSES et le gouvernement -à savoir, l’octroi d’une indemnité de logement-, voilà ce qu’a proposé Ousmane Issoufi Maïga : “Le Premier ministre s’engage à mettre en place, dans les plus brefs délais, une commission de réflexion de haut niveau, avec la participation des syndicats, dont les conclusions lui seront remises dès la fin des travaux”. Voilà qui est très clair.

Cette commission a-t-elle été mise en place? A-t-elle abouti à des conclusions? Et si oui, où sont-elles, ces conclusions? Voilà des questions encore plus claires. Que le gouvernement fase cas de mauvaise foi en cachant ces conclusions au fond de ses tiroirs, cela est possible. Mais que la COSES soit incapable d’en brandir une seule copie? Autant croire qu’il y a des non dits dans cette affaire: soit il n’y a pas eu d’accord, soit il y a eu , et la partie gouvernementale a réussi à berner les responsables syndicaux.

Dans tous les deux cas, ce sont les responsables syndicaux qui auraient fait preuve d’amateurisme et d’incompétence. Sans perdre de vue le fait que s’il y a eu accord, ce ne serait pas non plus le 17 Juillet 2007, comme le prétend la COSES.

Le gouvernement reste toujours ouvert au dialogue
Bien que les choses traînent, du fait des turpitudes des responsables de la COSES, les portes du dialogue restent toujours ouvertes du côté du gouvernement. Point de rupture donc, dans le dialogue.

Aussi, en lieu et place d’une indemnité de logement, le gouvernement s’est engagé à accorder des facilités à la COSES pour permettre à ses militants d’accéder à des logements. Il s’agit, entre autres, des facilités d’accès aux crédits, à travers les institutions de micro-finance et de celles relatives à l’obtention de parcelles.

Mais tout ceci ne dit rien à Tiémoko Dao et camarades, obsédés seulement par les billets craquants. Puisqu’à l’impossible nul n’est tenu, le gouvernement, avec des mesures alternatives, entend donc sauver l’année scolaire en cours, ou du moins, ce qu’il en reste.

Parmi ces mesures, il y a la tenue des compositions, des évaluations et des examens, avec le concours des enseignants du privé et des personnes ressources. Une éventualité qui suscite la colère de la COSES, qui y trouve là un précédent fâcheux.

Or, autant le rôle d’un enseignant est de former et d’évaluer ses élèves, autant le gouvernemnet à le devoir de trouver des solutions aux problèmes, posés, et à tous les problèmes, quel qu’en soit le prix.

Ainsi trouve-t-on, du côté de la COSES, des motifs pour traiter de tous les noms d’oiseaux les écoles privées, pour leur engagement patriotique, sachant bien que sans examens dans les écoles publiques, il n’y en aura pas non plus dans les privés.

Alors question : “Quel crédit accorderaient les parents d’élèves à une école privée qui serait incapable d’examiner leurs enfants, après qulils aient payé tous leurs frais scolaires? Faire les examens, avec ou sans les enseignants de la COSES est donc une question d’honneur pour les privés. La COSES peut arrêter tout cela en acceptant de devenir un syndicat, et non un groupe extrémiste radical.

Rappelons que la COSES reste le syndicat qui a le plus été rencontré par le ministre Amadou Touré, mais aussi le seul syndical qui, à cause de ses intransigeances, refuse d’avancer.

Adama S. DIALLO

02 mai 2008