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Depuis l’annonce de la liste du gouvernement du Premier Ministre Oumar Tatam Ly, certains ne cachent pas leur déception. Les mots de campagne sont en passe d’être des maux. En voulant faire le nouveau avec la vieillerie, IBK qui sera surveillé comme du lait sur du feu, a intérêt à ne pas décevoir les espoirs placés en lui par un peuple déçu. Malgré un premier sentiment de trahison, certains entendent juger cet attelage disparate à l’œuvre.

Notre pays est entrain de se relever de la crise multidimensionnelle, qu’il a connue en 2012. L’organisation de l’élection présidentielle considérée comme une condition de sortie de crise a tenu toutes ses promesses, grâce à la détermination et à la mobilisation des électeurs maliens avec un taux de participation jamais égalé. Et, c’est Ibrahim Boubacar Keita qui est sorti vainqueur de cette élection présidentielle. Pour mener le bateau Mali à bon port, un nouveau gouvernement dirigé par le banquier Oumar Tatam Ly est mis sur place. Ce gouvernement aura la lourde tâche de redonner l’espoir à un peuple qui souffre dans sa chair et dans son âme en s’attaquant aux vrais maux du pays.

Il s’agit en l’occurrence de rétablir l’autorité de l’Etat, instaurer la sécurité sur toute l’étendue du territoire, lutter contre la corruption, le népotisme, refonder l’Etat, donner de l’emploi aux jeunes diplômés, bref réconcilier les cœurs et les esprits des Maliens. Les défis qui les attendent sont énormes. La seule chose qui vaille aujourd’hui est de se mettre vite au travail. Mais, dès l’annonce de la liste des membres du gouvernement avec la présence de certaines anciennes têtes, des Maliens sont sceptiques, quant à leur capacité d’apporter le changement tant souhaité.

La résurrection politique

Y a-t-il une crise de compétence au Mali pour que le Président Ibrahim Boubacar Keita ressuscite ces vieux compagnons d’Alpha et d’ATT ? S’interrogent des compatriotes ? Quand on sait que tous n’ont pas laissé de bons souvenirs, leur comeback est loin de se justifier pour certains observateurs. Cela d’autant plus qu’IBK avait laissé entendre lors de la campagne électorale qu’il faut rompre avec l’ancien système. Qu’entendait-il par ancien système ?

En ce qui concerne la présence de certains membres du gouvernement de la transition, il y a lieu de se poser des questions. Si la présence du Général Moussa Sinko Coulibaly se justifie par la bonne tenue de l’élection présidentielle, il ya lieu de se poser des questions sur la non reconduction des non moins méritants Tiéman Coulibaly et de Mamadou Namory Traoré, respectivement Ministre des Finances et de la fonction publique. Le Mérite est-il le seul critère de présence à ce gouvernement Tatam Ly ? Selon bon nombre de nos compatriotes, le doute est permis.

Pour les partisans d’IBK, le gouvernement doit être jugé à l’œuvre et non à travers certaines figures. Selon les détracteurs, on ne saurait faire du neuf avec des vieux de la vielle école. La place de choix obtenue par l’éternel Adema, désigné comme étant à la base des calvaires de notre pays, s’inscrit en porte à faux avec le peuple. Tout comme sous Alpha et ATT, l’Adema qui a horaire de l’opposition broutera encore sous IBK.

Pour un pays en voie de sortie de crise, un gouvernement de 34 membres n’est il pas de trop ? Avons-nous forcement besoin de 34 ministres pour résoudre les problèmes du Mali ? Malgré la confiance aveugle que le peuple place au Président de la République, Ibrahim Boubacar Keita pour faire renaitre un Mali nouveau, après la composition du gouvernement, ce peuple est resté sur sa faim. Cette équipe gouvernementale laisse planer le doute sur sa capacité à relever les nombreux défis qui l’attendent.

La seule satisfaction du gouvernement demeure le nombre record de jeunes. Paradoxalement, les femmes ont fait les frais de cette présence massive des jeunes. Espérons tout simplement que la montagne n’accouchera pas d’une souris.

Ousmane Cissé et Lamine Diallo

SOURCE: Waati du 13 Septembre 2013.