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Le quatrième gouvernement formé par le président Amadou Toumani Touré (ATT) depuis 2002 et le premier du genre pour son dernier quinquennat s’est réuni au grand complet le lundi 8 octobre 2007 au Secrétariat Général du gouvernement à Koulouba pour le premier conseil des ministres. Les 26 membres de l’équipe gouvernementale sous la conduite du Premier ministre Modibo Sidibé étaient venus prendre notes auprès du président de la République pour la conduite à tenir par rapport à l’attelage gouvernemental. ATT leur a dicté un tableau de bord conjoncturel au plan international et national. Les ministres ont-ils prit bonne note ?

LA LETTRE DE CADRAGE VIVEMENT ATTENDUE

La lettre de cadrage que le président de la République adressera au Premier ministre dans les jours à venir tiendra lieu de feuille de route pour l’action gouvernementale. En attendant, ATT a donné aux minis­tres lors du conseil extraordinaire du lundi 8 octobre à Koulouba un avant-goût du contenu de cette lettre.

La désignation du Premier ministre et du nouveau gouverne­ment intervient dans un contexte économique difficile caractérisé par le renchérissement du prix du pétrole. On le sait, l’économie mondiale est aujourd’hui réglée par le pétrole.

Quand le prix du baril augmente, cela a des répercussions sur tous les secteurs d’activités économiques. Le Mali qui n’est pas un pays producteur de pétrole et de surcroît enclavé au coeur de l’Afrique occidentale, paie un lourd tribu pour son approvisionnement en hydrocarbure.

Les centres d’approvisionnement du Mali en hydrocarbures sont: Abidjan, Dakar, Lomé, Cotonou, Téma et Conakry. Ces villes se situent entre 1200 à plus de 2000 Km de Bamako la capitale malienne.

La capitale africaine la plus proche de Bamako est celle de la Guinée Conakry qui est à 600 km environ de Bamako.

En plus des efforts fournis pour l’approvisionnement du pays en pétrole, les plus hautes autorités consentent beaucoup d’énergies pour l’approvisionnement du Mali en produits de premières nécessités : sucre, huile, lait en poudre, riz, sel, entre autres.

LA CONJONCTURE NATIONALE

Au plan national, la conjoncture se caractérise par une demande sociale de plus en plus grande et variée, les revendications syndicales ont une connotation monétaire. Face à cette situation, le président de la République invite les ministres à maîtriser les charges de l’Etat, respecter les engagements vis-à-vis des partenaires, faire face aux conséquences des aléas du climat. « Il faut expliquer, justifier, parler avec franchise. Le changement, c’est surtout changer de comportement et de mentalité« , a martelé ATT.

Pour le reste, le président de la République renvoie les ministres à son Projet de Développement Economique et Social (PDES) 2007-2012.

Le Projet de Développement Economique et Social (PDES) du nouveau quinquennat d’ATT a l’ambition de produire davantage, de distribuer équitablement les fruits de la croissance à tous les citoyens, puis d’investir dans l’avenir et de moderniser la société.

LES AXES PRIORITAIRES DU PDES

Tout en cherchant à consolider les acquis du premier mandat, le second mandat d’ATT qui commence avec le PDES entend insuffler un nouvel élan à la dynamique déjà enclenchée.

Le projet de Développement Economique et Social (PDES) s’articule autour de six axes prioritaires d’intervention qui sont :

• Mieux organiser l’action publique pour soutenir efficacement les autres composantes du programme;

• Améliorer la production primaire et assurer la sécurité alimentaire ;

• Mettre en place un environnement propice à l’émergence et au développement du secteur privé ;

• Insérer les femmes et les jeunes dans les circuits productifs ;

• Développer les secteurs sociaux;

• Procéder aux indispensables réformes de société.

LES FEMMES ET LES JEUNES AU COEUR DU PDES

L’amélioration des conditions de vie des femmes reste l’un des axes de la politique de développement que les plus hautes autorités maliennes à commencer par ATT sont en train de bâtir.

Pour les cinq prochaines années, il sera question de veiller davantage à la santé des femmes, de prendre des mesures vigoureuses pour leur intégration conséquente dans les circuits de production par la promotion de la micro-finance tant en milieu rural qu’urbain.

ATT compte réserver une place de choix aux femmes dans l’exercice des responsabilités publiques. L’emploi des jeunes reste aussi l’un des défis du Programme de Développement Economique et Social (PDES) du prochain quinquennat.

Les efforts déjà en cours seront poursuivis pour créer plus d’opportunités en faveur des jeunes.

Il s’agira de renforcer les moyens de l’Agence pour l’Emploi des Jeunes (APEJ) en vue de former les jeunes à de nouveaux métiers et de soutenir les jeunes promoteurs privés.

Un accent particulier sera mis sur la promotion de l’emploi rural, selon l’esprit du PDES.

Daba Balla KEITA

11 octobre 2007.