Partager

Chaque occasion met le chef du Rassemblement Pour le Mali (RPM) au défi d’expliquer le choix du parti des tisserands à participer au gouvernement de Mme Cissé Mariam Kaïdama Sidibé. Le troisième congrès du parti, tenu le week-end dernier, n’a pas dérobé à la règle.

Après les élections de 2007, le Rassemblement pour le Mali (RPM) s’était rangée dans l’opposition parlementaire au gouvernement d’ATT. La nouvelle équipe gouvernementale mise en place en avril 2011 verra le retour du RPM dans le gouvernement. Ce retour a contraint le parti à voter la déclaration de politique générale (DPG) du premier ministre Cissé Kaïdama Sidibé. Cette DPG est la suite logique de celle du précédant premier ministre Modibo Sidibé que le RPM avait totalement rejeté en novembre 2007.

Un paradoxe ?

Créé en 2001, le RPM a pris part au gouvernement de 2002 à 2007. Pour le président du parti, Ibrahim Boubacar Keïta, le RPM a acceptée une demande du chef de l’Etat afin de «… contribuer à la bonne préparation des échéances électorales générales de 2012. Cette participation ne fait nullement de nous des godillots ou des hommes liges et notre droit de critique na jamais été et ne sera jamais négociable. Mais, partenaires loyaux, nous ne jouerons pas non plus aux fiers à bras, aux bateleurs de foire». Ibrahim Boubacar Keïta s’exprimait ainsi à la faveur du troisième congrès ordinaire de son parti dont les assises se sont tenues le 23 et 24 juillet dernier au centre international de conférences de Bamako.

Selon Keita, le RPM sera vigilant sur l’action gouvernementale, et plus particulièrement sur l’organisation des élections qui devront se tenir dans les délais constitutionnels et être libres, transparentes et apaisées. Dans cette logique de fermeté, le RPM dit être préoccupé par le retard du processus électoral notamment par l’absence de fichier devant servir à l’organisation du scrutin. «Nul ne souhaite que survienne une période d’instabilité propice à toutes les dérives», a souligné IBK. C’est pourquoi, dit-il, « les élections doivent être organisées de sorte à éviter toute contestation ».

De nombreux sujets préoccupent le parti du tisserand comme l’autorité de l’Etat et l’Etat de droit, l’Ecole, la Sécurité, les Relations internationales. Pour IBK, la ligne de conduite de son parti consiste à faire la politique autrement, à tenir un langage de vérité. Le RPM dit rêver de bâtir un Etat de droit véritable, une démocratie apaisée et conviviale qui fera du Mali un modèle en Afrique et dans le monde. «IBK est malien et rien que malien» a-t-il souligné en réplique à la rumeur sur sa double nationalité.

Seydou Coulibaly

25 Juillet 2011.

………………………………

IBK au troisième Congrès du RPM : “Aucun de nous ne vaut le Mali”

Le centre international de Conférence de Bamako a abrité les 23 et 24 juillet le 3ème Congrès ordinaire du Rassemblement pour le Mali (Rpm), sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Kéïta, président du parti. Les cérémonies d’ouverture et de clôture se sont déroulées en présence des partis amis qui ont pris la parole pour exprimer les idéaux qu’ils ont en partage avec le parti du tisserand.

Où en est aujourd’hui le Rassemblement pour le Mali (Rpm), le parti qui a été mis sur les fonts baptismaux par Ibrahim Boubacar Kéïta (Ibk) et ses camarades, le 30 juin 2001. A moins d’un an des échéances politiques majeures pour le Mali, quel est le bilan du parcours du parti du tisserand ? L’exercice a tenté Ibrahim Boubacar Kéïta, dans la grande salle du palais qui a refusé du monde à l’ouverture du Congrès et en présence de nombreux partis amis venus lui témoigner leur soutien.

A en croire le chef des tisserands, la ligne de conduite du parti depuis sa création, a été de faire la politique autrement. « Ensemble nous avons pris devant notre vaillant peuple, l’engagement de n’être pas un détenteur de récépissé de plus, de faire en sorte, par notre pratique et notre sens élevé de l’éthique de faire désormais autrement la politique », a-t-il souligné. Ce congrès et la mobilisation particulière des militants, est une preuve que le RPM ne peut pas disparaître du paysage politique de ce pays. « Non, car aux quatre coins du pays, les Maliens comptent sur nous. Ils comptent sur le parti politique qui comprend leurs réalités, qui leur tient un langage de vérité », a déclaré Ibk.

Un Mali prospère, juste et solidaire, un État de droit véritable, une démocratie réconciliée, apaisée et conviviale qui soit un vrai modèle pour l’Afrique et le monde, sont entre autres des motifs d’espérer du peuple tisserand pour ne pas être que détenteur d’un récépissé de plus. C’est aussi l’espérance d’un ‘’Mali écouté, respecté sur notre continent et dans le monde, dont la voix porte et compte’’. C’est en définitive, contre un État sans autorité que le capitaine du bateau Rpm s’insurge.

S’agissant de l’entrée du Rmp au gouvernement Cissé Kaïdama Sidibé, c’est à la demande du chef de l’État que cette mission nationale a été acceptée pour « contribuer à la bonne préparation des échéances électorales générales de 2012 ». Selon Ibk, « cette participation ne fait nullement de nous des godillots ou des hommes liges et notre droit de critique n’a jamais et ne sera jamais négociable. Mais, partenaires loyaux, nous ne jouerons pas non plus aux fiers à bras, aux bateleurs de foire ».

Le vote de la Déclaration de Politique Générale, pour le Rpm n’est nullement un blanc seing. Il sera vigilant sur l’action gouvernementale, qui doit impérativement tenir compte des priorités du moment, en particulier, l’organisation d’élections libres, transparentes et apaisées dans des délais constitutionnels. Leurs résultats ne devront pas être contestables, selon le président du Rpm.

Il s’est préoccupé du fait qu’à moins d’un an d’échéances capitales pour notre pays, on en soit encore à se demander sur quelle base élaborer le fichier électoral. Il s’agit de bâtir désormais un fichier électoral propre et incontestable, car accepté de l’ensemble des partis politiques et des forces vives de la nation, a-t-il souhaité. « Je le dis sans grandiloquence. Nul ne souhaite que survienne une période d’instabilité propice à toutes les dérives », a-t-il souligné.

Pendant les dix dernières années, le Rpm a connu des hauts et des bas. « Pendant les années qui ont suivi, nous avons accompagné le Président ATT dans le cadre de la gestion consensuelle souhaitée et proposée par lui. Le RPM a été un partenaire loyal, dans l’intérêt du Mali, tout en gardant un droit critique sur les actions que nous ne jugions pas conformes à nos idéaux. Cela nous a conduits, avant la fin de la législature, à nous opposer sur des points aussi importants que les «accords» dit d’Alger, signés par le gouvernement du Mali en juillet 2006 », a déclaré Ibk.

Il a invité les pouvoirs publics à s’interroger sur l’opportunité des réformes institutionnelles proposées par le gouvernement, sous l’impulsion du président de a République. De nombreux sujets préoccupent le parti du tisserand comme l’autorité de l’Etat et l’Etat de droit, l’Ecole, la Sécurité (dans toutes ses acceptions), les Relations internationales et notre prisme dans le monde.

A l’endroit de ceux qui pensent qu’il est fatigué et atteint par la limite d’âge, Ibk se veut rassurant : « croyez moi, je suis loin, très loin de la retraite politique par la grâce d’Allah Soub’hana Wat’Allah ». Il se veut toujours rassurant concernant sa nationalité par rapport aux réformes en cours : « IBK est malien et rien que malien ».

Au sujet de la vie politique, Ibk se dit convaincu que les valeurs que nous partageons sont plus fortes que celles qui nous ne portons pas ensemble. C’est pourquoi le Rpm est ouvert à l’établissement de cadres de discussion pour permettre de créer des convergences et d’aboutir à des accords politiques. « Personne n’a l’apanage du patriotisme et personne ne pourra ni gagner seul ni gérer seul », a-t-il indiqué. Aucun parti ne pourra faire face à tous les défis en comptant sur ses seules forces. « Tous ceux qui comme nous, et ils sont très nombreux, aiment passionnément le Mali, sauront tôt ou tard se retrouver, Inch’Allah ! Nous devons nous unir pour faire gagner le Mali seul.

Aucun de nous ne vaut le Mali », a déclaré Ibk. Le discours d’Ibk a été suivi des interventions des invités, au nombre desquels Dioncounda Traoré auréolé de sa victoire aux primaires de l’Adema et accompagné de ses anciens adversaires, qui désormais embouchent la même trompette que lui. Il a fait son entrée en compagnie d’Ibrahima Ndiaye et de Sékou Diakité. Les invités Soumana Sacko, Mamadou Gakou, Dioncounda Traoré, Ali Nouhoum Diallo et de nombreux autres intervenants se sont adressé au Congrès du Rpm.

B. Daou

Le Républicain du 25 Juillet 2011.