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Rien ne va plus entre le premier ministre Cheick Modibo Diarra et l’ex-junte du Comité National de Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’Etat (CNRDRE), auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012. Selon des sources concordantes, le chef du gouvernement a été «arrêté par des militaires» dans la nuit du 10 au 11 décembre 2012 et emmené à une destination inconnue. Avant qu’il n’annonce vers 2 heures du matin sa démission à la télévision nationale.jpg_une-1227.jpg

« Moi, Cheick Modibo Diarra démissionne avec tout mon gouvernement, ce jour mardi 11 décembre 2012. Je m’excuse auprès de l’ensemble des populations du Mali qui souffrent de cette crise sous plusieurs formes, et cela à tous les niveaux». C’est la substance d’un message radio télévisé diffusé très tard dans la nuit. Ce message confirme le clash amplement rapporté par la presse malienne entre la primature et les militaires de l’ex-junte du CNRDRE. La manifestation de cette rupture a été son interpellation à son domicile dans la soirée du 10 au 11 décembre, alors que devait s’ouvrir ce matin à Bamako des concertations nationales de trois jours destinées à débattre les problèmes de fond de la transition.

Ce rendez-vous des forces vives a été annulé sans qu’aucun communiqué du gouvernement ne l’indique. Nous ignorons encore la raison principale de cette brouille mais nos sources affirment qu’il a été arrêté alors qu’il s’affairait à la diffusion d’une déclaration à la télévision nationale. Cette déclaration, a-t-on appris, n’était pas du goût des militaires qui l’on donc empêché. «Il a été arrêté chez lui sur ordre de Kati [Ndlr : quartier général des militaires auteurs du coup d’Etat du 22 mars 2012]», confirment nos sources. Vers 2 heures du matin, Cheick Modibo Diarra est donc apparu à la télévision nationale pour annoncer sa démission et celle de son gouvernement.

« Ce n’est pas un nouveau coup d’Etat », a affirmé le porte parole du CNRDRE en Europe Bakary Mariko à la chaîne télévision française France 24. Selon lui, le chef du gouvernement agissait en fonction d' »un agenda personnel », en voulant « s’éterniser au pouvoir ».

Depuis, le désormais ex-chef du gouvernement était resté sous contrôle des militaires. Mais dans la matinée de ce mardi 11 décembre nous apprenions sa libération. Une libération somme toute conditionnelle. Car, selon un proche de Cheick Modibo Diarra qui s’est confié à l’Agence France Presse, l’ancien premier ministre est présentement en « résidence surveillée » chez lui à Titibougou, quartier situé à la périphérie de Bamako.

Seydou Coulibaly

Le 11 Décembre 2012

© AFRIBONE


Mali: le Premier ministre Modibo Diarra démissionne après avoir été arrêté

BAMAKO (AFP) – (AFP) – Le Premier ministre malien Cheik Modibo Diarra a annoncé mardi sa démission et celle de son gouvernement peu après avoir été arrêté à Bamako sur ordre du capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien chef des putschistes qui avaient renversé le président Amadou Toumani Touré en mars.

Cette démission plonge encore un peu plus dans la crise et l’incertitude le Mali dont la moité nord du territoire est entièrement occupé depuis juin par des islamistes armés liés Al Qaida: une intervention militaire étrangère, demandée par M. Diarra et contestée par M. Sanogo, est à l’étude pour les en chasser.

« Moi Cheik Modibo Diarra, je démissionne avec mon gouvernement », a déclaré M. Diarra lors d’une brève allocution à l’Office de radio-télévision du Mali (ORTM) sans donner d’explication à sa décision.

L’air grave et les traits tirés, M. Diarra, vêtu d’un costume et d’une cravate sombres, a simplement remercié ses collaborateurs et souhaité que « la nouvelle équipe » qui lui succédera réussisse sa mission.

Son allocution est intervenue quelques heures après son arrestation à son domicile de Bamako par des militaires sur ordre du capitaine Amadou Haya Sanogo, ancien chef des putschistes qui avaient renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, précipitant la chute du Nord aux mains des islamistes.

Cheik Modibo Diarra avait prévu de partir lundi soir pour Paris afin d’y passer un contrôle médical, selon son entourage. Il s’apprêtait à se rendre à l’aéroport quand il a appris que ses bagages avaient été débarqués de l’avion qui devait l’emmener en France et il est resté à son domicile où il a été arrêté.

Quelques heures avant qu’il n’apparaisse à la télévision, un membre de son entourage avait annoncé à l’AFP que M. Diarra avait été arrêté à son domicile de Bamako « par une vingtaine de militaires venus de Kati », ville garnison proche de Bamako et base des ex-militaires putschistes. « Ils lui ont dit que c’est le capitaine Sanogo qui leur a demandé de l’arrêter », selon lui.

M. Diarra s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l’intervention rapide d’une force militaire internationale dans le nord du Mali, intervention à laquelle est farouchement opposé le capitaine Sanogo.

Ce capitaine jusqu’alors inconnu avait renversé le 22 mars le régime du président Amadou Toumani Touré (ATT), précipitant la chute du Mali aux mains des islamistes armés.

Ex-putschistes toujours influents

Il avait été contraint de rendre le pouvoir à des civils deux semaines plus tard, mais lui et ses hommes sont restés très influents à Bamako où ils ont été accusés d’avoir commis de nombreuses exactions contre des partisans de l’ancien président renversé.

Le capitaine Sanogo avait fin avril réussi à enrayer une tentative de contre coup d’Etat des militaires restés fidèles au président ATT à l’issue de violents combats meurtriers à Bamako.

Ce militaire a été nommé par le président malien par intérim, Dioncouda Traoré, à la tête d’une structure chargée de réformer l’armée malienne, sous-équipée et démoralisée.

La démission de M. Diarra est survenue après le report de « concertations nationales » convoquées par son gouvernement de transition qui devaient se tenir pendant trois jours à partir de mardi.

La concertation avait pour but de tenter d’établir une « feuille de route » pour les mois à venir entre tous les acteurs – politiques, militaires, sociaux, organisations de la société civile – qui restent divisés face à la crise et la manière de tenter de la résoudre.

Le nord du Mali est contrôlé depuis fin juin par trois groupes islamistes armés: Ansar Dine, mouvement essentiellement composé de Touareg maliens, et les jihadistes surtout étrangers d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

Ils y appliquent la charia (loi islamique) avec une extrême rigueur qui se traduit par des lapidations, amputations, coups de fouets aux « déviants » (voleurs présumés, couples adultères, fumeurs, buveurs d’alcool).

Bamako et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont soumis à l’ONU des plans pour l’envoi d’une force internationale de 3.300 hommes dans le nord du Mali et demandent au Conseil de sécurité de l’ONU d’autoriser son déploiement rapidement.

La volonté des Africains, soutenus par la France, d’obtenir au plus vite le feu vert de l’ONU à une intervention se heurte au scepticisme de Washington, qui doute de la capacité de Bamako et de ses voisins à mener à bien l’opération.

© AFP – Le 11/12/2012 – 08:52


Mali: « pas de coup d’Etat », un nouveau Premier ministre bientôt nommé

PARIS (AFP) – (AFP) – Le porte-parole de l’ex-junte malienne Bakary Mariko a démenti mardi tout « coup d’Etat » après la démission forcée du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, assurant qu’un nouveau chef du gouvernement sera nommé « dans les prochaines heures » par le président Dioncounda Traoré.

« Ce n’est pas un nouveau coup d’Etat », a affirmé sur France 24 M. Mariko, qui a reproché à M. Diarra, arrêté dans la nuit par des militaires, de ne pas avoir agi en « homme de devoir » face à la crise au Mali mais en fonction d' »un agenda personnel ». « Le Premier ministre sera remplacé dans les heures qui viennent par le président de la République », a-t-il affirmé.

© AFP – Le 11/12/2012 – 09:37