Partager

Une mission se termine, une autre commence. Mais aussi bien pour le ministre des affaires étrangères sortant, Tiéman Hubert Coulibaly comme pour son successeur, Zahabi Ould Sidi Mohamed, le devoir reste le même : mobiliser la communauté internationale pour la sortie de crise au Mali. Ceci, à une nuance près !

jpg_une-2151.jpgTiéman Hubert Coulibaly qui siège toujours au gouvernement avec le portefeuille des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières a passé le témoin à Zahabi Ould Sidi Mohamed au département des affaires étrangères et de la coopération internationale. Nommée au plus fort de la crise malienne couronné par l’occupation des deux tiers du territoire national par des groupes islamistes armés, le gouvernement malien de transition a su mener à bout ses principales missions : la libération du pays et l’organisation d’une élection présidentielle libre et transparente.

Quel fut le rôle de la diplomatie dans cet agenda ? Coulibaly recense ses «exploits» : le 19 octobre 2012, un comité mixte de soutien a pris corps au chevet du Mali ; le 24, le conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a levé ses sanctions contre le Mali à la suite du coup d’Etat du 22 mars ; le 16 novembre, un conseil de médiation sur le Mali s’installe au niveau de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Plusieurs autres réunions et résolutions se succéderont aux Nations unies pour aboutir à la création de la Misma (Mission de soutien au Mali) transformée en Minusma (Mission intégrée des nations unies pour la stabilisation du Mali) le 1er juillet 2013. En marge de ce processus, une intervention militaire française baptisée «Opération Serval», sera capitale dans l’aide à l’armée malienne pour la libération du pays.

«Ma mission est terminée. Je m’en vais satisfait de l’action menée», a souligné le désormais ex-chef de la diplomatie malienne. Avant de laisser des consignes à ses anciens collaborateurs : «Soyez simples» avec le nouveau ministre et «facilitez lui la tâche».

Le problème institutionnel a été réglé avec l’élection d’un président légitime mais la crise politique et sécuritaire reste entière. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla), dont les combattants sont censés être cantonnés dans la région de Kidal, nargue toujours le pays avec son idée d’autonomie à laquelle s’opposent les maliens.

Arabe natif de Tombouctou, le nouveau ministre est un fin connaisseur de ce dossier pour avoir dirigé un groupe armé sécessionniste dans les années 1990. «Je suis votre frère et j’ai besoin de vos conseils», a-t-il assuré aux cadres du département, avant d’ajouter : «le devoir est de tout faire pour ne pas décevoir le président de la République et le peuple malien». «Nous n’avons pas le droit d’échouer. Il faut résoudre la crise du nord, réconcilier tous les maliens et toutes les maliennes, impulser le changement qu’attendent les maliens, qui seront très exigeants vis-à-vis de nous», a détaillé Zahabi Ould Sidi Mohamed dans un entretien accordé à la presse.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 11 Septembre 2013