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Une avancée certaine. C’est ainsi qu’on peut qualifier la rencontre, la semaine dernière entre le gouvernement malien, représenté par le Général Kafougouna Koné et les rebelles du nord Mali dans le cadre de l’évaluation périodique de la situation dans la région de Kidal. Des résultats, des actes et plusieurs mesures annoncées dans le sens de la restauration de la paix : l’arrêt des hostilités, la libération des détenus, le retour des personnes déplacées, le déminage, des réunions tripartites de suivi du 20 août au 10 septembre prochain.

La semaine qui vient de s’écouler a été celle des négociations entre le gouvernement malien et les rebelles dont les représentants se sont réunis à Alger. La réunion qui s’est ouverte le jeudi 28 août s’est traduite par la détermination des parties à poursuivre le processus de paix sous la houlette de la Médiation algérienne portée par l’Ambassadeur de l’Algérie au Mali Abdelkrim Gheraïeb

Grâce aux efforts soutenus du facilitateur algérien, Abdelkrim Gheraïeb, une volonté partagée par le gouvernement et les rebelles, d’œuvrer pour la paix au nord Mali est perceptible.

Cela se traduit d’ailleurs par la multiplication des rencontres à Alger entre les différentes parties. Ainsi la rencontre du 19 au 21 juillet dernier à Alger et la poursuite des négociations par le Médiateur, ont permis d’obtenir la libération le 16 août, d’une trentaine d’otages militaires maliens détenus par les rebelles depuis l’attaque d’Abeibara.

Ainsi les deux importantes délégations représentant chacune des deux parties se sont retrouvées ainsi à Alger autour du facilitateur et des membres de sa délégation pour faire le point sur l’application des mesures arrêtées et poursuivre le processus de mise en œuvre des différents volets de l’Accord d’Alger.

Selon le quotidien algérien El Moudjahid du 29 août qui citait une source proche de la rencontre, un « rapprochement significatif des vues a eu lieu entre le gouvernement malien et l’Alliance démocratique du 23-Mai pour le changement.

Ceci s’est soldé par un consensus entre les deux parties autour d’un certain nombre de mesures d’urgence nécessaires au rétablissement de la confiance et la création des conditions favorables à la reprise du dialogue dans un proche avenir sur les questions substantielles ».

Les parties ont donc décidé de la “consolidation de l’arrêt des hostilités”, à Alger. Elles envisagent même la conduite de certaines opérations de terrain, la libération des détenus, le retour des personnes déplacées, le déminage.

Mais aussi une question cruciale est abordée comme celle de la détermination des circonstances de la mort de certains membres de l’Alliance et de tout autre cas similaire.
Cette question rappelle l’assassinat du commandant Barka et de son compagnon l’Imam Mohamed Mossa, le 11 avril 2008. Une atrocité qui a conduit les unités spéciales à la désintégration et la multiplication des groupes rebelles.

Conséquences, les attaques de Diabaly et d’Abeibara, l’attaque la plus meurtrière depuis le 23 mai 2006. Le fait que le gouvernement malien et les rebelles abordent ensemble cette question est une avancée significative, quant on sait qu’elle avait toujours été repoussée par certains qui craignaient une accusation de l’armée malienne.

Le gouvernement malien et l’Alliance ont aussi accepté de poursuivre les pourparlers au cours de deux prochaines réunions tripartites de suivi, à tenir durant la période allant du 20 août au 10 septembre prochain, selon des sources proches de la réunion à Alger, rapportée par El Moudjahid.

Les discussions devront se poursuivre sur le choix du lieu de l’installation de la base des unités spéciales composées de militaires et d’ex rebelles. Par ailleurs un point important concerne la libération d’otages militaires et de détenus rebelles sur lequel les deux parties ne se sont toujours pas entendues. Les rebelles qui ont libéré une trentaine d’otages attendent la réciproque de la part du gouvernement malien.

Il demeure constant que le gouvernement malien, aussi bien que les rebelles, grâce à un travail inlassable du Médiateur, restent attachés à l’Accord de paix signé à Alger le 4 juillet 2006. A cet effet, tous reconnaissent sans ambages la facilitation algérienne pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement dans la région de Kidal.


B. Daou

01 Septembre 2008