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C’est le Premier ministre Modibo Sidibé qui présidera aujourd’hui, au Centre international de conférences, l’ouverture puis, à la fin de l’exercice, la clôture de la XIIIè édition de l’Espace d’interpellation démocratique (EID).

L’événement se déroulera cette année dans un contexte particulier marqué par la commémoration du 60è anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme dont le lancement a eu lieu dans notre pays le 2 décembre dernier.

Un responsable du ministère de la Justice a confirmé que la commission d’organisation de l’EID s’attachait, hier, à effectuer les ultimes réglages. Selon notre interlocuteur, la commission de dépouillement a reçu cette année 120 interpellations dont 16 seulement seront publiquement lues ce matin.

30 autres ont été classées dans la rubrique de suite à donner. C’est à dire qu’elles ne seront pas lues dans la salle, mais traitées dans la discrétion par les ministères concernés. Le reste des interpellations, au nombre de 74, a été simplement et purement rejeté pour non conformité aux règles de l’Espace.

Les interpellations retenues touchent pour la plupart à la non application de décisions de justice. Certaines dénoncent la situation des enfants de la rue et celle des personnes handicapées, le système éducatif, l’insécurité urbaine.

Comme chaque année, l’événement sera marqué par le bilan dressé par le ministre de la Justice de l’édition précédente. Son intervention sera suivie par la contribution des associations et organisations de défense des droits de l’Homme.

L’année dernière, plusieurs de celles-ci avaient pointé du doigt certaines situations malheureuses. L’Observatoire des droits de la femme et de l’enfant (Odef) avait ainsi dénoncé les châtiments corporels à l’école, l’excision ainsi que les rudoiements dont sont victimes les adolescentes lors des accouchements dans certains centres de santé.

L’Association malienne des droits du détenu avait, pour sa part, critiqué les conditions de vie et de santé des prisonniers sur l’ensemble du territoire national en évaluant le taux de survie des malades en prison à seulement de 0,95%. Elle avait ainsi cité le cas de la Maison d’arrêt de Bamako où étaient détenues plus de 1700 personnes et qui n’employait aucun médecin en propre.

Quant à la Société internationale pour les droits de l’homme au Mali, elle avait dénoncé l’insécurité grandissante dans nos villes et campagnes en indiquant que notre pays avait enregistré, durant la seule année 2006, 17 512 accidents qui ont occasionné 9 427 décès. Pour cette association, la plupart de ces accidents sont imputables à une violation des règles de la circulation.

Le passage des interpellateurs va, évidemment, constituer le clou de la journée. Les membres du gouvernement seront alors tenus de répondre aux interpellations qui les concernent. Cette séquence sera suivie par la présentation des recommandations par les membres du jury avant que le Premier ministre ne clôture l’événement.

Il faut rappeler que depuis 1994, l’EID est organisé le 10 décembre de chaque année, sous forme d’une adresse directe des citoyens ordinaires aux membres du gouvernement sur des dossiers qui constituent pour eux des préoccupations. Si certains cas ont été traités avec satisfaction, d’autres, par contre, dorment encore dans les tiroirs des ministères concernés et refont surface régulièrement au grand embarras de l’administration.

M. KEITA

Essor du 10 Décembre 2008