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L’exigence de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale est en passe de faire naître des appétits dévorateurs chez certains de nos compatriotes. Sans motifs valables, nombreux sont ceux qui pensent que leur heure a sonné, notamment du côté de la société civile. Mais, qui sont ceux ou celles qui doivent représenter la société civile au sein du gouvernement d’union nationale ? Quels seront les critères de choix ?

Pour beaucoup plus d’efficacité et de capacité exceptionnelle de mobilisation des acteurs de développement à la base en cette période où notre vivre ensemble a été fondamentalement ébranlé, le choix des représentants de la société civile dans le gouvernement d’union nationale, devra être fait avec beaucoup de rigueur et d’objectivité.

On se souvient, au lendemain du coup d’Etat du 22 mars 2012, les maliens se sont adonnés à un jeu favori : la création d’associations, souvent sans le respect des règles minima exigées par la réglementation en vigueur dans le pays. Si pour certains, cela était une traduction de leur volonté de matérialiser leur intérêt subite pour la gestion de la République, force est d’admettre que d’autres l’ont fait par pur calcul opportuniste.

Habitués aux prébendes et à des petits strapontins pour se faire une place éphémère au soleil, touts honte bue, ils se sont positionnés à travers la création d’associations et de regroupements, pour se donner une ultime chance d’être conviés autour de la table, avec la ferme volonté d’exploiter la nouvelle misère du peuple malien imposée par la conjoncture.

Et, la proposition de la mise en place d’un gouvernement d’union nationale est aujourd’hui perçue par bon nombre de nos concitoyens, qui se disent membres de la société civile, comme une belle aubaine pour la satisfaction de leurs ambitions sordides.

Mais, ils n’ont pas encore compris la volonté exprimée des maliens à un véritable changement. Pour la satisfaction de cette volonté du peuple, ceux qui ont la responsabilité de donner à notre pays un gouvernement d’union nationale, doivent être très vigilants dans le choix des hommes, qui doivent avoir des assises véritables dans la société civile.

Sans avoir droit à la parole, les maliens savent les organisations valides de la société civile malienne. De grâce, évitez d’imposer aux maliens des ministres issus d’organisation de la société civile sans âme véritable et sans prétention claire que celle de la promotion de ses dirigeants. Il est temps que l’Etat par le choix des hommes et des femmes, accepte afin de jouer son rôle pédagogique d’éducation populaire des citoyens à avoir un comportement décent et de consolidation des regroupements faîtières de la société civile.

A la question de savoir qu’elle est l’organisation faîtière la plus représentative de la société civile malienne, bien qu’on n’a pas besoin de loupe pour répondre, on trouvera des maliens spécialistes de la triche et de la magouille, pour désorienter les bons choix. Il est temps qu’on arrête de troubler l’eau pour pêcher au Mali.

Ceux qui ne peuvent pêcher qu’en eau trouble doivent souffrir que l’heure de la transparence a sonné.

L’heure du changement a sonné. La vraie société civile, celle qui a de tout temps eu une indépendance relative, mais mieux exprimer que celle des autres, doit aujourd’hui, être sollicitée pour apporter sa pierre, comme par le passé, à l’édification de la nation, dans la justice et sur des bases démocratiques claires.

Assane Koné

Le Républicain du 02 Août 2012