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A une semaine de la date butoir de la CEDEAO pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, des organisations politiques ayant participé au sommet de Ouagadougou qui a instruit le principe, ne contiennent plus leur…. impatience.

jpg_une-921.jpgS’installera, s’installera pas. Au fur et à mesure que l’échéance du 31 juillet s’approche, les interrogations restent criardes sur la possibilité de formation d’un Gouvernement d’Union Nationale (GUN). La logique est prônée par des organisations africaines (CEDEAO et Union Africaine) ainsi que des acteurs politiques maliens mais, faut-il le souligner, elle ne manque pas d’adversaires redoutables au Mali.

En révélant une feuille de route de la transition, qui n’est pas encore acceptée par toutes les forces vives de la nation, le chef du gouvernement, Cheik Modibo Diarra, avait assuré de sa volonté de répondre favorablement à la demande «légitime», selon lui, des dirigeants de la sous régions. «Il est désormais possible de mettre ensemble les talents et les engagements au service du pays et de former un Gouvernement d’Union nationale. Nous sommes convenus le Président et moi d’engager les consultations avec toutes les parties concernées afin que toutes les énergies soient tendues vers le même idéal, celui de réconcilier le Mali avec sa grandeur faite de dignité et d’unité», avait-il expliqué dans un discours à la nation le 16 juillet.

L’échéance du 31 juillet, elle, semble compromis. Si le «Gouvernement d’Union Nationale avant le 31 juillet 2012» reste l’une de leurs exigences, le Front uni pour la sauvegarde de la Démocratie et la République (FDR) et l’Alliance des Démocrates et Patriotes pour une Sortie de crise (ADPS) reconnaissent au seul président de la République la légitimité de conduire les consultations nécessaires à cet effet. Le Président de la Transition, le Pr. Dioncounda Traoré, est actuellement à Paris pour raison médical suite à son agression, le 21 mai par des manifestants hostiles à son maintien au pouvoir. En se rencontrant, à nouveau le 18 juillet 2012 au siège de la CNAS – Faso Hèrè, le FDR et l’APDS ont réaffirmé la pertinence des conclusions du sommet de Ouagadougou du 7 juillet, auquel ils ont pris part.

«Les deux regroupements demandent la mise en œuvre rapide des conclusions issues du (dit) Sommet», ont-ils consigné dans un communiqué, en droite ligne d’un mémorandum qu’ils avaient signé, le 22 juin 2012. «L’ADPS et le FDR demandent le retour du Président de la Transition dans les meilleurs délais afin qu’il assume pleinement son rôle dans la conduite de la Transition», poursuivent-ils. Quand est-ce que ce retour sera effectif ? C’est la grande inconnue de la vie politique malienne restée tendue depuis le coup d’Etat du 22 mars 2012.

Entre temps, l’actuel gouvernement «travaille d’arrache – pied à la reconquête des zones occupées dans le nord du pays», selon un communiqué du porte-parole rendu public ce 23 juillet. L’équipe du Dr. Modibo Diarra dit comprendre «l’impatience et les frustrations» de la population et déterminer à conduire sa mission «par des voies politiques, diplomatiques et militaires».

Seydou Coulibaly

Le 24 Juillet 2012

© AFRIBONE