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Contrairement au gouvernement formé le 24 avril, notre pays dispose depuis le 20 août d’un gouvernement qui réunit en son sein toutes les sensibilités du pays. Même s’il est diversement apprécié par des hommes politiques qui espéraient figurer dans l’équipe gouvernement pour se refaire une santé politique, ternie par des prises de position démagogiques et apatrides.

Le gouvernement d’union nationale, tant réclamé par la classe politique et la société civile, a été finalement rendu public le dimanche dernier. Il compte 31 membres. La particularité de ce gouvernement : toutes les sensibilités y sont représentées. N’en déplaise aux détracteurs.
Malgré toutes les déclarations tapageuses et mensongères, ce gouvernement est le pur produit des tractations et démarches effectuées par la classe politique malienne auprès de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et des partenaires techniques et financiers.
Avec la formation du gouvernement d’union nationale, l’heure n’est plus aux petits calculs politiciens. Et du moment où leurs représentants siègent au côté des autres composantes de la nation, la récréation est terminée.

Elle a intérêt à faire bloc derrière son gouvernement et lui apporter son soutien indéfectible, afin de faire face aux deux priorités à savoir la reconquête des régions du nord et l’organisation des élections transparentes et crédibles.
Le tollé, qui a accompagné la formation du gouvernement, n’est plus ni moins que l’attitude des égarés politiques, animés par la seule volonté d’un partage du gâteau comme au bon vieux temps des anciens présidents Alpha Oumar et ATT. Ils n’arrivent toujours pas à digérer leur mise à l’égard au nom d’un Mali, dépouillé de la racaille et désormais tourné vers l’amélioration des conditions d’existence de sa population. Avec comme dénominateur commun : une justice saine.

Ceux d’entre eux qui ne vont pas s’inscrire leurs actions dans ce schéma, croiseront le fer avec le peuple qui, depuis le coup d’Etat du 22 mars, a découvert le visage hideux des hommes politiques qui l’ont comblé de honte avec l’occupation des régions du Nord par des bandits dont ils ne sont pas étrangers à leur implantation sur notre territoire.
Sinon comment comprendre la sortie médiatique du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR), membre du gouvernement d’union nationale, qui qualifie l’équipe gouvernementale, formé sous sa pression, d’amis du Premier ministre. On se rappelle, ce regroupement politique a remué ciel et terre pour que l’Accord- cadre, signé le 6 avril entre la CEDEAO et le Comité nationale pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), soit appliqué en ce qui concerne son point relatif à la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Contrairement aux autres regroupements, le FDR s’est taillé la part du lion. Quatre (4) de ces membres sont membres du gouvernement d’union nationale. Il s’agit de Tiéman Hubert Coulibaly, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdel Karim Konaté, ministre de l’Industrie et du Commerce, Makan Tounkara, ministre de l’Elevage et de la Pêche, Demba Traoré, ministre délégué chargé de la Décentralisation.

Du côté de la COPAM, on parle plutôt de gouvernement de la CEDEAO. Et pourtant deux de ces hommes y figurent.
Ce qui est sûr, ils sont membres du gouvernement d’union nationale qu’ils se cessaient de réclamer pour des intérêts inavoués.
Et par la formation de ce gouvernement, le Premier ministre a cloué le bec aux agitateurs politiques qui espéraient narguer le peuple par leur présence au gouvernement.

Yoro SOW


Gouvernement «Cheick Modibo Diarra I» : vols ou soustractions de fonds publics dans les DFM

Des comportements mal sains, sinon mafieux, qui frisent l’irrespect pour un peuple déjà meurtri, risquent de s’installer à demeure dans l’Administration publique et contre lesquels le Gouvernement «Cheick Modibo Diarra» ne doit pas aller avec le dos de la cuillère. De quoi s’agit-il ?

A la faveur du coup d’Etat du 22 mars 2012, des Directeurs des finances et du matériel (DFM) et leurs régisseurs de caisse d’avances ont un peu partout signalé des vols, avérés ou simples soustractions, d’importantes sommes d’argent, de matériels informatiques, de mobiliers de bureau et des dotations en carburant des services publics etc.

Tous ces actes «crapuleux» sont mis au compte des vandales et autres manifestants, qui sont souvent passés, mais dans bien de cas le doute est permis dans la mesure où des coffres forts ne sauraient être ouverts comme des boîtes de sardines ou défoncés comme de vieilles armoires en bois.

Devant de tels comportements immorales, donc déplorables, devenus tout juste un phénomène contagieux, qui auraient atteint même les DFM de la Présidence et de la Primature, il devient impérieux de lever des missions d’investigation pour circonscrire ces détournements, qui ne se justifient aucunement.

Aucun doute, que la reprise en main de cet Etat en déconfiture pourrait s’annoncer très difficile ; car il s’agira de s’attaquer au laxisme et aux conséquences du laxisme d’un régime mafieux et crapuleux, qui avait fermé les yeux sur tout. C’est ça l’os de la parole.

La Rédaction

L’Inter de Bamako du 27 Août 2012