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Trente et un (31) ministres dont 18 rescapés de la précédente équipe : voilà l’attelage du gouvernement d’union nationale (GUN) rendu public dans la soirée du lundi 20 au mardi 21 août 2012. Quatre (4) femmes y figurent contre trois (3) dans le précédent gouvernement de vingt quatre (24) membres. Les jeunes percent également…

A première vue, les militaires renforcent leur présence avec l’entrée du lieutenant-colonel Abdoulaye Koumaré, au ministère des transports et des infrastructures routières. Originaire du corps du génie militaire, celui-ci complète à quatre les portefeuilles que détiennent les forces armées et de sécurité : l’administration territoriale et de la décentralisation détenu par le colonel Moussa Sinko Coulibaly, la défense et des anciens combattants que contrôle le colonel-major Yamoussa Camara, la sécurité intérieure et de la protection civile sous la main du général Tiéfing Konaté.

L’innovation majeure restant la création d’un ministère chargé des affaires religieuses et du culte occupé par le Dr Yacouba Traoré, nouveau ministre.

Des ministres décriés non pas pour leur compétence mais pour leur supposé proximité avec des chefs d’Etat de la CEDEAO sont également out ! Il s’agit notamment du N°2 du précédent gouvernement Sadio Lamine Sow qui était aux affaires étrangères et de la coopération internationale et Hamadoun Touré de la communication qui était porte-parole du gouvernement. Ce dernier, lui, son poste (pour la communication) est d’ailleurs occupé par l’un de ses collègues, Bruno Maïga, précédemment ministre délégué auprès du ministre de la jeunesse, du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, chargé de la jeunesse et de la formation professionnelle. Le domaine de la poste et des nouvelles technologies est réservé à un rentrant, Bréhima Tolo.

Le département des affaires étrangères est réservé à un jeune qui est à sa première expérience ministérielle, le président de l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD), Tiéman Coulibaly. Qui n’est pas à confondre avec Tiénan Coulibaly qui a conservé son poste de ministre de l’économie, des finances et du budget, devenant du coup N°2 du nouveau gouvernement. Tiéman Coulibaly est assisté de son ancien ministre délégué chargé du budget, Marimpa Samboura. Ce ministre délégué de l’ancienne équipe partage désormais cette désignation avec le jeune avocat, cadre de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), Me Demba Traoré, à la décentralisation.

Dans le registre des permutations, en plus de Bruno Maïga, Mme Diallo Fadima Touré, alors ministre de l’artisanat, de la culture et du tourisme, rejoint le ministère du logement, de l’urbanisme et des affaires foncières, entrainant le départ de Yacouba Diallo. L’ancien ministère de celle-là est confié à de nouvelles personnalités : Boubacar Hamadoun Kébé, pour la culture et Ousmane Ag Rhissa pour l’artisanat et le tourisme.

Moussa Leo Sidibé a également fait les frais de ce remaniement ministériel. Le ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pèche, qu’il contrôlait est scindé en deux. Le volet agriculture est confié à un professeur d’enseignement supérieur, le Dr Yaranga Coulibaly, l’un des vice-présidents du parti du premier ministre, le RpDM. Quant au volet élevage et pêche, il est confié à Makan Tounkara.

Harouna Kanté reste à l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Adama Ouane garde le ministère de l’éducation, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales et de l’instruction civique. De même que Soumana Makadji, à la santé, Mme Traoré Rokia Djiguiné, aux maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Mamadou Namory Traoré à la fonction publique et de la réforme administrative, chargé des relations avec les institutions, Malick Coulibaly au poste de ministre de la justice, garde des sceaux, le Dr Mamadou Sidibé à l’action humanitaire, de la solidarité et des personnes âgées, Alfa Bocar Nafo à l’énergie et de l’eau (mais ne garde plus l’environnement), Mme Alwata Ichata Sahi à la famille, de la promotion de la femme et de l’enfant.

L’ancien ministre de l’équipement, des transports, du logement et de l’urbanisme, Mamadou Coulibaly, garde l’équipement et l’aménagement du territoire. Le ministère du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle est confié au Dr Diallo Dedian Mahamane Kattra (nouvelle personnalité). Le volet jeunesse qui était rattaché à ce département est désormais rattaché aux sports et contrôlé par le secrétaire général du syndicat libre de la magistrature (Sylma), Hamèye Founé Mahalmadane (ancien).

Un nouveau ministre, le Dr Amadou Baba Sy, occupe les Mines. Le directeur régional des douanes de Kayes, Abdel Karim Konaté dit Ampé, membre du bureau exécutif de l’Adéma-PASJ, donc proche du président de la République, rejoint le département du commerce et de l’industrie, à la place d’Ahmadou Touré. Toujours dans le registre des «nouveaux venus», on y retrouve un ancien ministre du gouvernement déchu d’ATT : David Sagara, membre du parti Codem, au ministère de l’environnement et de l’assainissement.

Seydou Coulibaly

21 Août 2012

©AFRIBONE