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Dans 24 heures, demain donc, le gouvernement de Modibo Sidibé aura une année. Ce n’est peut être pas le moment de faire un bilan exhaustif, mais certains constats s’imposent à la fin de cette première année de gestion des affaires publiques.

Un an, jour pour jour, le gouvernement du 03 octobre 2007 s’est attelé à la gestion quotidienne des préoccupations de la nation malienne, mais aussi à l’application du Programme de développement économique et social (PDES). Les 26 membres de l’équipe du Premier ministre, Modibo Sidibé ont, malgré les difficultés, travaillé d’arrache-pied à la résolution des préoccupations nationales grâce à un engagement personnel de chaque ministre, doublé du patriotisme. Car, il n’était pas facile de faire face à autant de crises pendant une période donnée et s’en sortir la tête haute.

Notre pays, à n’en pas douter, a connu des crises pendant l’an I du gouvernement. On peut citer, entre autres, la crise scolaire, la crise du nord, la cherté de la vie. Face à ces problèmes, le gouvernement devrait apporter des solutions pour la cohésion et la stabilité nationales. C’est ainsi que le gouvernement a du faire face à ces problèmes sans oublier les défis du PDES. Cet ambitieux programme du chef de l’Etat qui devrait faire du Mali, à l’horizon 2012, une nation prospère.

Plusieurs chantiers ont été ouverts et les progrès sont de plus en plus visibles. Aux conséquences de la crise mondiale, sont venus s’ajouter la crise scolaire et le banditisme du nord. Le gouvernement a pris le taureau par les cornes et a géré à sa façon ces différentes crises.

Ainsi, pour solutionner la cherté de la vie, le gouvernement a entamé un vaste programme intitulé « Initiative Riz » afin de réduire le prix de l’alimentation de base des Maliens qui est le riz. L’Initiative riz a été lancée par le chef du gouvernement pour produire pendant la campagne 2008/2009, 618 323 tonnes de riz paddy pour un coût de 42,65 milliards de FCFA.

Cela devrait permettre de réduire considérablement le prix du sac qui oscille aujourd’hui entre 40 000 et 50 000 FCFA.

Dans une discrétion totale, le gouvernement a pu gérer le banditisme du nord avec l’implication personnelle du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré et du Guide de la révolution Libyenne, Mouammar Kadhafi.

L’événement le plus récent est la libération des 44 otages maliens détenus par la bande à Bahanga et ceux détenus par l’armée malienne. Le gouvernement a aussi pris plusieurs initiatives allant dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des Maliens.

L’école, le foncier, la gestion des affaires publiques, pour ne citer que ceux-ci, sont au centre des grands chantiers. Des commissions de travail, qui ont la lourde responsabilité de proposer des alternatives au gouvernement, ont été mises en place. Celles-ci se proposent d’organiser plusieurs rencontres aux niveaux local, régional et national.
Dans ce contexte, le gouvernement a créé une commission chargée d’organiser un forum national sur l’éducation, un comité pour préparer les Etats généraux sur la corruption au Mali et un autre pour trouver des solutions aux problèmes fonciers.

Auparavant, le gouvernement avait organisé un forum national sur les produits de première nécessité en décembre 2007, qui avait abouti à plusieurs recommandations dont la mise en place d’une Commission nationale des prix.

Le barrage de Taoussa, la réalisation de la troisième sucrerie (Sukala), le Millénium challenge account sont également de vastes chantiers de développement ouverts pendant la première année du gouvernement du 03 Octobre 2007.

Le Premier ministre a participé en Arabie Saoudite à une table ronde sur le barrage de Taoussa. Cette rencontre a permis de boucler en partie le financement du projet d’aménagement de Taoussa, qui permettra à terme d’aménager 185 000ha de terres, d’améliorer la navigabilité du fleuve Niger, de produire de l’électricité et d’assurer l’autosuffisance alimentaire dans la zone.

S’agissant de la cherté de la vie, plusieurs mesures ont été prises pour alléger la souffrance des populations. Cela va des exonérations des produits de première nécessité pendant une période donnée à la fixation des prix de certains produits en passant par la mise en place de la commission nationale des prix.

L’effort du gouvernement est réellement et surtout visible dans le domaine des hydrocarbures où le prix du carburant est resté plus stable.

Le MCA est un projet qui suscite beaucoup d’espoir chez les Maliens. Le gouvernement le sait, et, c’est pourquoi, il le veut opérationnel dans les meilleurs délais. En tout cas, le PM a présidé le mois passé une cérémonie de signature des Accords d’entité entre le MCA-Mali et certaines structures publiques, notamment l’Agence nationale de l’Aviation civile (ANAC), les Aéroports du Mali (ADM), l’Energie du Mali (EDM), la direction nationale de l’assainissement, et du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN) et l’Office du Niger. Il s’agit, en fait, du début des opérations de ce grand chantier.

L’équipe de Modibo Sidibé n’a pas fait qu’ouvrir des chantiers ou de trouver des solutions aux crises multiformes, elle a connu aussi des dissensions internes. On se souvient du renvoie du ministre de l’économie, de l’industrie, et du commerce, Mme Bah Fatoumata Nènè Sy et de la démission récente du ministre de l’énergie, des mines et de l’eau, Ahmed Sow.

En un an, un tel constat ne peut être que satisfaisant, même si tous les indicateurs ne sont pas au vert.

I. MAÏGA

02 Octobre 2008