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Demain une page La transition avait deux mandats : l’organisation d’élections transparentes et crédibles et la reconquête du nord. Le premier ministre Diango Cissoko, qui s’apprête à passer la main, peut être fier du devoir accompli.

Sous la direction du chef de gouvernement Diango Cissoko, la feuille de route tracée à Ouagadougou a été respectée. Demain, avec la passation de services entre la transition et le pouvoir élu, se fermera une page de notre histoire.

Vendredi dernier, le président ivoirien a insisté sur le taux de participation (plus de 45 % au second tour) qu’il a qualifié de l’un des plus élevés en matière d’élection présidentielle dans la sous-région. Naturellement, ce résultat n’est pas venu ex-nihilo. Il est le fruit d’un excellent travail en aval, qui permet au Mali de sortir la tête de l’eau, de soigner son image après un coup d’Etat condamné par la communauté internationale et une transition cahoteuse au départ.

En chef d’orchestre consciencieux, qui connaît la haute administration comme la paume de sa main, M. Cissoko, en toute modestie et humilité, imprimait son tempo à l’action gouvernementale. La plupart des mesures qu’il a prises devront être comprises comme sa volonté d’honorer tout d’abord sa feuille de route.

Pour des élections propres dans les délais convenus, il n’avait donc pas hésité à déplacer par exemple le titulaire du ministère de l’Economie, des Finances et du Budget (partisan de l’orthodoxie financière) au ministère de l’Industrie du Commerce. Son remplaçant aux Finances (plus politique) pouvait mieux comprendre les mesures qui découlaient de l’urgence. On peut affirmer aujourd’hui que le casting a payé. Toutes choses par ailleurs égales, la paix sociale n’a pas de prix.

Aussi, c’est un concert d’éloges qui accompagne l’après-présidentielle au Mali. Les observateurs internationaux (UE, Union africaine, Cédéao, Francophonie, etc.) et nationaux (Réseau Apem, Amsuneem, Caritas/Mali et autres organisations de la société civile et non gouvernementales…) sont unanimes pour dire que l’élection s’est déroulée dans les règles de l’art, précisant que les quelques anomalies et dysfonctionnements constatés ne sont pas de nature à entacher sa crédibilité.

Cette appréciation générale du scrutin a dû déterminer la conduite du candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD). Soumaïla Cissé, c’est de lui qu’il s’agit, s’est rendu au domicile du futur vainqueur de l’élection, Ibrahim Boubacar Kéita, candidat de la « Coalition IBK : Le Mali d’Abord » et du Rassemblement pour le Mali (RPM) pour le féliciter pour sa victoire bien avant la proclamation officielle des résultats et ce, au regard des résultats sortis des urnes.

La bombe électorale venait d’être désamorcée. Mieux, traîné dans la boue, 16 mois plutôt, le Mali venait d’administrer une belle leçon de fair-play au monde entier. Si les candidats vaincus ont l’habitude de féliciter au bout du fil leurs rivaux, ici c’est le cadet qui s’est déplacé avec toute sa famille au domicile de son aîné, vainqueur. Les bons procédés n’ont pas manqué. Les Maliens venaient de rappeler que le droit d’aînesse pouvait aussi être un mécanisme de régulation des conflits.

Parallèlement à la préparation de l’élection présidentielle, le gouvernement Diango Cissoko a pleinement participé à la rencontre de Ouaga, qui a abouti, le 18 juin 2013, à la signature de l’accord préliminaire entre l’Etat du Mali, le MNLA/HCUA et les ressortissants du Nord permettant la tenue de la consultation présidentielle à Kidal. Ceci est du reste de bon augure pour une paix durable dans septentrion du pays. Avons-nous le droit d’oublier la bonne moisson de la rencontre de Bruxelles, qui permet au Mali fonder les espoirs plus de 2000 milliards de F CFA promis par les partenaires techniques et financiers (PTF) et les amis pour sa reconstruction ? Ce serait minorer un acquis important de la transition.

Si le gouvernement Diango Cissoko n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer, car il a fait preuve du plus grand patriotisme et d’une dédicace à l’unité nationale que peu de choses pourraient en définitive altérer.

F. Mah Thiam KONE

04 Septembre 2013