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Le chef de l’État a fixé le cap en définissant les objectifs. Le Premier ministre a indiqué qu’il revient à son équipe de concevoir et de réaliser les outils et instruments de navigation pour atteindre le but. C’était hier au Palais de Koulouba, lors du premier conseil des ministres, présidé par le colonel Assimi Goïta.

Le nouveau gouvernement que dirige Choguel Kokalla Maïga devra traduire dans les faits et ce, dans neuf mois, la vision du président de la Transition qui s’articule autour de quatre chantiers d’importance égale : l’amélioration de la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles, la bonne gouvernance, la transparence et la réduction du train de vie de l’Etat, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale et l’organisation d’élections crédibles aux échéances prévues. 

Les précisions ont été données hier au Palais de Koulouba lors du premier conseil des ministres, présidé par le colonel Assimi Goïta, chef de l’Etat. Point par point, le président de la Transition a développé les aspects devant focaliser les efforts de la nouvelle équipe gouvernementale. Mais, au préalable, a-t-il souligné, il faut s’attaquer au défi de l’apaisement du climat social. Même si ce travail n’a pas été spécifiquement mentionné dans la feuille de route qu’il a dévoilée, le colonel Assimi Goïta reste convaincu que la réussite des grands chantiers dépendra des capacités du gouvernement à conjurer les démons de la division. 

Le chef de l’Etat a donc engagé le Premier ministre à travailler et fédérer l’ensemble des forces patriotiques et suscité leur adhésion au projet commun, dont l’objectif final est de «refonder et transmettre à nos successeurs un Etat fort, des institutions stabilisées et adaptées à nos réalités». 

Parmi les missions assignées à l’exécutif, le président de la Transition accorde une grande place à l’amélioration de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Et pour cause, a expliqué le colonel Assimi Goïta, le terrorisme, la criminalité et autres formes d’insécurité troublent la quiétude des populations et compromettent le développement du pays. 

Face à ce défi complexe, il a instruit le renforcement «qualitatif et quantitatif» des forces de défense et de sécurité, ainsi que l’optimisation des moyens opérationnels pour un maillage cohérent et dissuasif. Concomitamment, le chef du gouvernement doit œuvrer à la concrétisation des réformes politiques et institutionnelles. Un autre challenge qu’il faudra réussir pour en finir avec l’instabilité institutionnelle dans notre pays. 


MISE EN ŒUVRE DILIGENTE-
 Le colonel Assimi Goïta a donné carte blanche au Premier ministre pour engager les actions nécessaires à la ‘’consolidation de l’Etat de droit’’ et mettre en place des ‘’structures appropriées pour actualiser et finaliser les réformes’’ voulues par le peuple malien. Il a insisté sur la mise en œuvre diligente du processus de révision de la Constitution qui doit se faire sur une base consensuelle et inclusive. 

Aussi, le chef de l’Etat souhaite-t-il que soit engagé, avec détermination, la lutte contre la corruption et l’impunité qui gangrènent notre société. Il tient autant à la poursuite de la mise en œuvre intelligente et efficiente de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. Cela, en vue de créer les conditions optimales pour une paix durable. Enfin, le président de la Transition a évoqué l’organisation des élections. 

Là, le défi à relever est de tenir des élections qui répondent aux attentes. A cet effet, le colonel Assimi Goïta a instruit le chef du gouvernement d’engager des processus « clairs et transparents, afin d’avoir un président démocratiquement élu et accepté par l’ensemble des Maliens ».

Le chef de l’Etat, tout en exhortant Dr Choguel Kokalla Maïga et son équipe à plus de cohésion et de solidarité dans l’accomplissement de ces missions, a assuré l’équipe gouvernementale de son «soutien total». «Vous n’avez droit, ni à l’erreur, ni à l’échec. Chaque ministre, de par ses initiatives innovantes, doit s’efforcer d’être une partie de la solution et non du problème», a conclu le président de la Transition. 

INSTRUCTIONS PRÉCISES- Prenant la parole à la suite du chef de l’Etat, le Premier ministre a indiqué que les instructions sont précises : se servir de l’inclusivité comme levier pour atteindre les objectifs que sont l’union de l’ensemble des forces patriotiques, la sécurisation des populations, l’apaisement du front social afin de réussir, dans la concorde et le consensus, les objectifs de la Transition. 

«Vous avez assigné à la Transition le cap à atteindre. Il nous revient de concevoir et de réaliser les outils et instruments de navigation pour atteindre le cap indiqué», a déclaré Dr Choguel Kokalla Maïga. Il a tenu à dissiper les divergences quant aux objectifs de la Transition. En effet, alors que d’aucuns la voudraient rupture et refondation ; d’autres la souhaiteraient circonscrite juste à l’organisation d’élections transparentes. Mais, pour le Premier ministre, la divergence n’est qu’en apparence. 

«Les mêmes maux produisant les mêmes effets, nul ne saurait concevoir l’organisation d’élections sans au préalable créer les conditions de leur crédibilité. Or, précisément, la création de ces conditions exige rupture et refondation afin d’éviter de nouvelles cassures de l’ordre constitutionnel», a argumenté Dr Choguel Kokalla Maïga. 

Le Premier ministre a promis que toutes les compétences seront mises à contribution pour le succès du redressement auquel notre pays aspire. Avant d’annoncer qu’il développerait, dans un avenir très proche, devant le Conseil national de transition (CNT) les grandes lignes de la politique qu’il entend mener pour atteindre les objectifs assignés.

Face aux défis, les 25 ministres et les 3 ministres délégués affichent une certaine sérénité. Les ministres en charge de la Défense et de la Sécurité travailleront ensemble à la sécurisation du pays. «Des grandes décisions seront prises pour renforcer les actions en cours. Il s’agira d’assurer la sécurité dans les villes et partout sur l’ensemble du territoire national», a ainsi confié le colonel-major Daoud Aly Mohammedine, ministre de la Sécurité et de la Protection civile, alors que son collègue de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara promet, lui, la poursuite des opérations, l’équipement et la formation des forces de défense.


Issa DEMBÉLÉ

Source: L’Essor