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De sa prestation de serment le 08 juin 2002 comme le président de la République du Mali au 08 juin 2007, Amadou Toumani Touré (ATT) a formé trois gouvernements et a fait appel à deux Premiers ministres. En cinq années de gestion du pouvoir, ce sont au total quarante et sept ministres issus des partis politiques et de la société civile qui ont siégé dans les différents gouverne­ments. Mais l’aspect le plus frappant de la gouvernance démocratique sous le règne d’ATT est le consensus politique caractérisé par la présence des partis politiques les plus significatifs au gouvernement. Le second quinquennat qui va de 2007 à 2012 va-t-il ressembler au premier par rapport à la gestion du pouvoir ?

Dans la formation du nouveau gouvernement, le choix des hommes et des femmes est l’aspect le plus important.

LA MOUTARDE AU NEZ DES POLITIQUES

Si l’on s’en tenait aux résultats des élections législatives proclamés par le ministère de l’Administration Territoriale, l’Alliance pour la Démocratie au Mali-Parti Africain pour la Solidarité et la Justice (ADEMA-PASJ) avait 51 députés et l’Union pour la République et la Démocratie (URD) 35 députés.

Après la formation des groupes parlementaires de l’Assemblée Nationale, il en restait à l’ADEMA 46 députés et 29 à l’URD, suffisant pour que ces deux partis aient la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Beaucoup de ces députés doivent leur élection à ATT.

C’est pourquoi lors de la campagne, des candidats à la députation avaient comme fonds de commerce le nom du président de la République. Ils se sont répartis les postes au sein de l’Assemblée Nationale.

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, SEUL MAITRE DU JEU

La Constitution du Mali du 25 février 1992 est bien claire sur la séparation des pouvoirs (Exécutif, Législatif et Judiciaire). Mais dans fondamentales. Il a le pouvoir de démettre le gouvernement quand il veut. C’est pourquoi d’ailleurs, du 08 juin 2002 au 08 juin 2007, ATT a eu à mettre en place trois la pratique, cette séparation se prête à une discussion, puisque le premier responsable de l’exécutif est le président de la République, Chef Suprême de l’Etat, garant de la Constitution et des libertés gouvernements.

Si l’Assemblée Nationale peut mettre fin à la vie d’un gouvernement en adoptant une motion de censure, le président de la République qui met le gouvernement en place peut également à son tour dissoudre l’Assemblée Nationale en convoquant des élections législatives anticipées. Nous sortîmes loin de ce cas de figure.

LE PREMIER GOUVERNEMENT D’ATT

Moins de deux semaines après son investiture le 08 juin 2002, ATT a mis en place son premier gouvernement de 21 membres avec comme Premier ministre Ahmed Mohamed Ag Hamani. Ce premier gouvernement fut appelé gouvernement de missions parce qu’il fallait assurer là continuité de l’Etat, poursuivre l’organisation des élections législatives de juillet 2002.

En fait, les missions confiées à ce premier gouvernement sont celles que le président ATT a confiées au gouvernement Ousmane Issoufi Maïga.

Le premier gouvernement de Ahmed Mohamed Ag Hamani renfermait toutes les sensibilités socio-politiques du pays. Le 16 octobre 2002, ATT met fin aux missions de son premier gouvernement.

LE DEUXIEME GOUVERNEMENT AVEC DES MINISTRES DELEGUES

Le 16 octobre 2002, le président Amadou Toumani Touré a renouvelé sa confiance en Ahmed Mohamed Ag Hamani à la tête de son deuxième gouvernement en tant que Premier ministre. De 21 membres pour le premier gouvernement, le second gouvernement d’ATT comptait 29 membres.

Quinze nouvelles personnalités font leur apparition dans la deuxième équipe formée par M. Ag Hamani. Il s’agissait de M. Bassari Touré, Choguel Kokalla Maïga, Nancoman Keïta, Gaoussou Drabo, Modibo Diakité, MmeBerthé Aïssata Bengaly, Cheick Oumar Sissoko, Me Abdoulaye Garba Tapo, Badi Ould Ganfoud, Marimanthia Diarra, Oumar Ibrahim Touré, Ousmane Thiam, Oumar Hamadoun Dicko, Ousmane Amion Guindo et Mme Diallo M’Bodji Sène.

La principale remarque du deuxième gouvernement de Ahmed Mohamed Ag Hamani est la création de sept ministères délégués auprès d’autres départements et le remplacement de Dramane Haïdara par Mme Diallo M’Bodji Sène. En effet, M. Haïdara appelé à siéger au gouvernement n’a pas répondu à l’appel du président de la République.

OUSMANE ISSOUFI MAIGA AU COMMANDE DU TROISIEME GOUVERNEMENT

Avec la nomination de Ousmane Issoufi Maïga comme Premier ministre le 28 avril 2004, ATT a mis fin au règne de Ahmed Mohamed Ag Hamani.

Huit nouvelles têtes font leur entrée dans le gouvernement avec Pinochet à la Primature. Il s’agit de Abou-Bakar Traoré, Mamadou Clazié Cissouma, Me Fanta Sylla, Mme Soumaré Aminata Sidibé, Mme Maïga Zéïnab Mint Youba, Adboulaye Koïta, Sadio Gassama, Moussa Balla Diakité et Modibo Sylla.

Ici, une remarque crève l’oeil : les ministères délégués disparaissent avec la venue de Pinochet à la Primature.

LE REAMENAGEMENT, LE 20 JUIN 2005

Tout en maintenant Ousmane Issoufi Maïga à la tête du gouvernement, le président Amadou Toumani Touré réaménage sont gouvernement le 20 juin 2005. Il n’y a eu que deux départs du gouvernement comme ceux de Moussa Balla Diakité et de Mme Berthé Aïssata Bengaly.

Il ya eu deux nouvelles entrées : celle de Mme Bâ Hawa Keïta et Natié Pléah. Mme Diallo M’Bodji Sène qui était à l’Emploi et à la Formation Professionnelle permute au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

Et, le 10 mai 2007, Nancoman Keïta démissionne du gouvernement pour faire plaire à son parti le RPM, tête de proue du FDR, un regroupement d’une dizaine de parti- politiques qui avaient juré de chasser ATT du pouvoir à la faveur du scrutin du 29 avril 2007.

Daba Balla KEITA

02 octobre 2007.