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La formation du nouveau gouvernement d’union nationale, exigée par la communauté internationale à la demande d’une partie de la classe politique nationale, le 20 août 2012, a donné lieu à beaucoup de tractations de coulisse, mais aussi de supputations souvent non fondées, comme il nous a été donné de le constater après recoupements. Le président de la république, Dioncounda TRAORE, a renouvelé sa confiance au chef du gouvernement, Cheikh Modibo DIARRA, le samedi 11 août 2012, avant de le charger de former un nouveau gouvernement d’union nationale avec l’ensemble des forces vives du pays, nous a confié une source proche de la Primature.

jpg_une-1011.jpgAuparavant, selon la même source, Dioncounda TRAORE a reçu, du mardi 31 juillet au 9 août 2012, les représentants des forces vives de la Nation, notamment ceux de la classe politique, de la société civile et du Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’État (CNRDRE), au sujet de la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Le président Dioncounda, a précisé la même source, a demandé, en conséquence, à chacun des groupes ayant eu des entretiens avec lui de bien vouloir faire parvenir au Premier ministre, CMD, huit CV au plus tard le mardi 14 août 2012, avec la mention de faire une proposition nette aux femmes et aux jeunes.

«Voici le topo de la formation du nouveau gouvernement et le Premier ministre a travaillé dans cet esprit en parfaite intelligence avec le président de la république», balayant d’un revers de main un quelconque «bras de fer» entre les deux personnalités au sommet de l’État, notamment une «fausse triche» imputée au chef du gouvernement qui aurait «rayé» certains noms ou fait lire une «2è fausse liste» par l’ORTM.

En réalité, nous a confié cette source, après avoir fini de dépouiller les CV et arrêté la liste des membres de son gouvernement, CMD est allé remettre la fameuse liste au président Dioncounda, avant de prendre la route de Ségou pour le week-end.

Il appartenait au président Dioncounda, il en ale droit et les prérogatives, de valider cette liste telle quelle ou de l’amender à sa guise, selon notre source.
À son retour, nous a confié cette source, CMD a été reçu, lundi, par Dioncounda qui lui a remis le décret portant «nomination des membres du gouvernement d’ouverture nationale» conformément au vœu exprimé par la classe politique nationale et le reste de la communauté internationale.

Sur-le-champ, le Premier ministre en personne est allé déposer la liste à l’ORTM pour une large diffusion à la télé et à la radio, «sans doute pas humilité et souci d’efficacité», croit savoir notre source, quoique, en réalité, le président Dioncounda soit son «fiston bien aimé».
On peut, à ce sujet, reprocher au chef du gouvernement «sa méconnaissance» du fonctionnement de l’administration publique, concède-t-elle.
Sinon, s’est-elle montrée catégorique, ce n’est pas exact, imaginable même, de soutenir que le PM a amené à l’ORTM un autre liste que celle signée par le président de la république.

Ceux le disent, ironise-t-elle, «ne connaissent pas non plus le fonctionnement de l’administration à ce niveau».
Un décret portant nomination des membres du gouvernement, enseigne-t-elle, passe par tout un circuit normatif, notamment le secrétariat général général du gouvernement et celui de la présidence de la république, avant d’être signé par le chef de l’État et publié, plus tard, dans le Journal officiel (JO).

C’est, donc, pratiquement impossible, relève notre source, que le PM puisse changer la liste entre la résidence du président Dioncounda, à l’ex Base aérienne, et la cour de l’ORTM, «à moins de faire un tour-éclair au secrétariat général du gouvernement et celui de la présidence pour changer le numéro du décret en question».

Donc, résume-t-elle, «il n’y a eu ni nom biffé ni 2 listes»; et la liste qui a été rendue publique, se montre-t-elle formelle, est bel et bien celle qui porte la signature effective du président Dioncounda TRAORE.
Mais, reconnaît-elle, il y a eu «quiproquo» au sujet du représentant du regroupement «IBK 2012».
«Il n’y a eu ni surenchère ni chantage de la part de IBK», nous a confié la même source.

Quel s’est-il passé?

IBK, selon cette source, a parlé avec Dioncounda auquel il a envoyé le CV des membres de la coalition qui le soutient en souhaitant que si celle-ci devrait figurer dans le futur gouvernement, ce soit le président de ladite coalition, c’est-à-dire Bocar Moussa DIARRA, par ailleurs président du parti UM-RDA. Si d’aventure la coalition n’y est pas représentée, ce ne serait pas «la fin du monde», selon l’expression attribuée par IBK qui disait être conscient de la délicatesse et des enjeux liés à la formation d’un gouvernement d’union nationale dans un contexte aussi difficile pour notre pays.

Quand le PM a reçu la liste des membres de IBK 2012, il a privilégié Ousmane Ag RHISSA «pour ouvrir son gouvernement à la communauté touarègue» même s’il disait «ne pas comprendre» pourquoi IBK ne lui a pas fait parvenir le CV des éléments de la coalition portant son nom, alors qu’il n’y a «aucun contentieux» entre eux et que, d’ailleurs, leurs relations sont même «très cordiales».

Aussi, après la publication de la liste des membres du gouvernement, révèle notre source, la remarque a-t-elle été faite par IBK lui-même au président Dioncounda pour lui signifier que ce n’est pas «ce qui était convenu» entre eux, sans pour autant que IBK, est-elle formelle encore une fois, ne demande à «retirer Ag RHISSA» si Bocar Moussa DIARRA, le futur ministre des Langues nationales, «n’était pas pris dans le gouvernement CMD II».

Après échange entre le président de la république et le Premier ministre, il a été reconnu que «l’erreur» était imputable à Dioncounda qui, selon notre source, avait oublié d’informer le chef du gouvernement que c’est le nom de M. Bocar Moussa DIARRA qu’il fallait «privilégier» pour ne pas mettre IBK «en porte-à-faux» avec la coalition que le supporte.
C’est cette erreur, conclut notre source, qui a été simplement «corrigée» par les deux personnalités avec la nomination de M. DIARRA au poste de ministre de la Promotion des langues nationales et de l’instruction civique, par le biais d’un autre décret «rectificatif», si l’on peut s’exprimer ainsi.

Tout le reste, c’est des promos de «boucaniers», lâche cette source proche de la Primature.
Bref, comme on le voit, «il n’y a eu ni triche, ni chantage ni falsification par qui que ce soit et de quoi que ce soit», martèle-t-elle en guise de conclusion.

Seydina Oumar DIARRA-SOD

Info-Matin du 30 Août 2012