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Les locaux du Centre culturel français ont servi de cadre pour abriter une conférence débats sur la gestion urbaine le mercredi 14 févier. La conférencière Annick Osmont professeure chevronnée s’est inspirée des résultats du Programme de Recherche Urbaine pour le Développement (PRUD). En prélude à l’intervention de l’animatrice principale, le nouveau directeur du CCF et Amahani Touré du club regards croisés ont pris respectivement la parole.

Amahani Touré dira que le club regards croisés France-Mali ; existe depuis deux ans et il regroupe les étudiants maliens et français ayant bénéficié des bourses de stages et France et au Mali, ce club est un vaste programme d’échanges d’universitaires, de chercheurs français et maliens intervenants dans divers domaines : scientifique et littéraire. “Dans le cadre de ce programme, les journées scientifiques, les projections de films à caractère scientifique et des conférences-débats ont été instaurées dont celle de ce soir” a déclaré Mme Amahani Touré.

HOMMAGE À CHEICKH DIALLO

Vers la fin de son intervention, Mme Touré a rendu un vibrant hommage à Cheickh qui était l’un des membres actifs du club. Notre ami Cheickh était un excellent étudiant après un stage à Paris en 2005 dans le cadre du programme regards croisés, il a brillamment soutenu sa maîtrise en économie à l’ENA sur la problématique d’une monnaie unique en Afrique avec mention très bien. La même année, il est sorti major de sa promotion à l’institut universitaire sup Management, il était également notre porteur de projets dans le cadre du club. C’était un étudiant de carrière exceptionnelle mais le destin en a décidé autrement.

La salle a réservé une minute de silence en la mémoire de l’illustre disparu avant de remettre les choses à la conférencière. Mme Annick Osmont, socio anthropologue est professeure honoraire à l’université de Paris 8 (institut français d’urbanistes), membre du laboratoire LTMU (Théorie des Mutations Urbaines) pour ne citer que ceux-ci.

L’URBANISATION, UN DOMAINE SENSIBLE

Mme Ousmont a fait ses premiers pas dans notre pays dans le cadre de la coopération décentralisée en faveur de la partie occidentale qui est le bastion des immigrés maliens en occurrence de la première région.

Dans son intervention sur la synthèse des résultats des recherches sur 30 pays dans le nord comme dans le sud, elle a déclaré ceci : ”L’urbanisation est un domaine sensible et qui préoccupe la quasi totalité des acteurs intervenant dans ce secteur. L’urbanisation qui est l’un des phénomènes marquant du siècle dernier a vu son premier document apparaître dans les années 1980 sur initiative de la Banque mondiale et cette étude était singulièrement adressée à quelques pays africains et épinglait la gouvernance urbaine« .

EVALUATION DU BILAN

Après cette étape, il y a eu l’évaluation du bilan des programmes d’ajustement structurel, ces programmes qui consistaient à mettre en chômage les fonctionnaires pour équilibrer les finances publiques. Il faut rappeler que le continent noir a été victime d’un endettement sauvage à partir des années 1970 par la Banque mondiale et le FMI eux aussi soutenus par des clubs (Club de Paris, Clubs Londres). Et pour que les pays endettés puissent faire face à leur crédit les programmes d’ajustement structurel ont été mis en place.

Après la phase du bilan, les recherches se sont penchées sur la manière de gérer correctement les flux des fonctionnaires mis en chômage afin de trouver des voies et moyens pour rentabiliser les citadins en terme de payement d’impôts et tout cela dans un système décentralisé.

Mme Osmont ajouta ensuite : ”après l’époque des ajustements structurels, l’ère de la gouvernance et de la démocratie a sonné. Malgré l’avènement du modernisme dans la gestion des affaires urbaines, le poids des traditions continue de faire son chemin. » Elle dira ensuite que la privatisation a rendu plus technique la gestion des entreprises, mais en même temps, les autorités locales qui étaient informées de la gestion de ces entreprises ont été reléguées au second plan dans le sens des informations.
La privatisation a accentué le délaissement de certains secteurs non productifs.

Après l’exposé de Mme Osmont, plusieurs questions ont été posées par l’assistance et des réponses adéquates ont été apportées.

Mamoutou DIALLO, Stagiaire

16 février 2007.