Partager

Quand ce n’est pas ATT lui-même, c’est un de ses ministres qui focalise l’attention par des déclarations à l’emporte pièce. Le président de l’Assemblée nationale lui aussi se découvre un talent de « gaffeur » au point qu’on se perd souvent en conjectures sur la nature du pouvoir en place.

L’ancienne ministre de l’Economie et du Commerce a été certainement l’un des ministres les plus critiqués dans le gouvernement Modibo Sidibé. Mais ce ne sont pas ses insuffisances qui l’ont conduit hors du gouvernement. Elle aurait craqué sous la pression d’opérateurs économiques qui avaient juré d’avoir sa peau.

Un autre membre du gouvernement Modibo Sidibé, un des ministres phares de l’actuel attelage, auteur présumé du PDES, le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau est empêtré dans un scandale de portée internationale qui met le pays à mal avec son principal partenaire : l’Union européenne. Avant cette affaire Ahmed Sow, il n’y avait aucun problème entre le Mali et l’Union européenne : mais c’est désormais le cas.

Nous n’avons rien contre Ahmed Sow qui est un cadre malien. Mais si l’affaire a eu un grand retentissement aujourd’hui, c’est parce qu’il est une personnalité publique.
Le président Amadou Toumani Touré et son Premier ministre d’alors, Ousmane Issoufi Maïga, étaient suffisamment informés du dossier, ainsi que de l’enquête de l’OLAF qui était en cours au mois de septembre, donc avant la constitution du gouvernement Modibo Sidibé.

Ils pouvaient attendre que cette affaire soit tirée au clair avant de le nommer dans le gouvernement. Cela relève du don qu’a le pouvoir actuel de créer et d’entretenir les problèmes.

Un conseiller présidentiel et un journal proche de la présidence créent un scandale avec l’Algérie. Vilipendé au moins deux fois par semaine, le médiateur traditionnel dans la crise du nord Mali, l’Algérie a décidé de mettre de l’eau dans son ardeur à trouver une solution négociée dans la crise du Nord. Eux aussi en créent un.

La ministre de l’Education de base prône la réduction des naissances comme solution alternative à la pléthore des élèves à scolariser. Selon elle, le taux de fécondité est trop élevé au Mali, les femmes maliennes doivent adopter le planning familial pour réduire les naissances.

L’école étant le seul problème qu’ils n’ont pas créé nécessite une intervention d’urgence. Mais le Premier ministre décide de reporter son règlement dans six mois.
Pendant que les problèmes s’accumulent et que la vie chère fait chaque jour son lot de mécontents, le ministre de la culture dans une déclaration parue dans la presse assimile les Maliens à des fainéants qui veulent de l’argent facile. Les Maliens ne travaillent plus, dit-il, ils ne font que courir derrière l’argent facile.


Un tel gouvernement mérite-t-il de gérer le pays ?

Le don du gouvernement de créer des problèmes semble s’étendre aux autres institutions comme l’Assemblée nationale. Son président Dioncounda Traoré n’a-t-il pas dénoncé cavalièrement la politique extérieure de son pays en considérant le Sahara comme étant une province marocaine ?

Le comble c’est que le président de la République lui-même, devant la complexité des problèmes, la vie chère, l’école, le Nord Mali, déclare que bè bi ba bolo, comme pour dire, chacun pour soi.

On sait depuis l’ouverture de la présente session de l’Assemblée nationale, que le projet de loi sur la peine de mort refait surface. Retiré à la faveur des manifestations contre son adoption, et pour des besoins de concertation, Dioncounda a reconduit ce projet qui ne manquera pas de créer des remous dans une société en majorité musulmane. Tout le monde est unanime à reconnaître qu’au Mali il n’y avait pas de problème de peine de mort. Le pouvoir ATT l’a créé.

B. Daou

30 Avril 2008