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C’était en présence du Premier ministre Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, des chefs d’institution, du chef de mission du Mécanisme africain d’évaluation par les pair, Dr. Dorothy Njeuma.

Étaient également présents, le représentant résident du PNUD dans notre pays, Joseph Byll Cataria des représentants des corps diplomatique et consulaires.
Le Mécanisme africain d’évaluation des pairs (MAEP) est une initiative des chefs d’État et de gouvernement de l’UA.

Adopté par les États africains lors d’un sommet de l’UA en 2002, il doit aider à promouvoir une culture de dialogue politique entre les différents acteurs nationaux et à favoriser les échanges d’expérience entre États participants. Le processus est sensé conduire les pays africains individuellement et collectivement à la stabilité politique, à une croissance économique accrue, au développement durable et à une intégration économique régionale et continentale accélérée.

Dans sa conception et dans la pratique, le MAEP est également destiné à donner aux États membres participants les moyens d’adopter des mesures et des pratiques conformes aux objectifs, valeurs, codes et normes définies, de façon commune dans les domaines de la gouvernance politique économique et des entreprises et en matière de développement socio-économique, contenus dans la Déclaration sur la gouvernance démocratique politique, économique et des entreprises de l’UA.

Notre pays a adhéré à cette initiative continentale en mai 2003. Sa mise en œuvre permet d’appréhender les lacunes et les insuffisances de notre système de gouvernance, de lui apporter les correctifs nécessaires et, in fine, de réaliser les objectifs en matière de croissance et de développement durable. Le mécanisme avait été officiellement lancé dans notre pays le 1er novembre 2007.

Premier intervenant à la cérémonie d’hier, le chef de la mission du MAEP, Dr. Dorothy Njeuma a indiqué qu’il s’agit d’un « instrument original et novateur » de promotion de la bonne gouvernance reconnue comme condition essentielle et préalable à la concrétisation de l’engagement des pays africains à éradiquer la pauvreté et promouvoir la bonne gouvernance.

« Ce mécanisme suscite chez les Africains, une profonde espérance, pour un développement socio-économique durable ». Elle a félicité la comité locale du MAEP, pour l’excellent travail accompli avant l’arrivée de la mission. Dorothy Njeuma a par ailleurs rappelé que notre pays est le 10è pays sur 29 inscrits à accepter d’être soumis à l’évaluation par les pairs. Une évaluation qui englobe 4 domaines principales de la gouvernance : la gouvernance politique et démocratique, la gouvernance et la gestion économique, la gouvernance des entreprises et le développement socio-économique.

Quant au représentant résidant du PNUD, il dira que le MAEP est un exercice endogène, africain, mais qui se donne à lire au reste mond, car, nous ne vivons pas en vase clos. « C’est à ce mécanisme original que le Mali a choisi souverainement de se soumettre, parce qu’il ouvre la voie aux partages d’expériences et à la concertation constructive entre États africains dans le processus d’élaboration et de mise en œuvre de politiques et stratégies de développement efficaces », a dit Joseph Byll Cataria.

L’auto-évaluation

Après le lancement officiel le 1 novembre 2007, une commission nationale du MAEP fort de 105 membres futmise en place. Elle comprend toutes les composantes de la société malienne (jeunes, femmes, syndicats, associations et organisation non gouvernementales.

Cette commission est présente tant au niveau national, régional que local. Depuis sa mise en place, elle a pu anticiper et trouver des solutions appropriées à certains questions essentielles notamment la conduite du processus sur l’étendue du territoire national et le financement de ses activités compte tenu du niveau des ressources humaines, matérielles et financières.

Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Badra Alou Macalou dont le département abrite le point focal du MAEP a fait un exposé instructif sur le processus d’auto-évalution engagé dans notre pays depuis quelques années.

Il a précisé que le processus d’auto-évaluation se caractérise par l’élaboration d’un programme d’action National (PAN), comportant des objectifs, des échéances précises et des coûts. Vision global pour le développement de notre pays, le PAN est appélé à devenir la référence essentielle de base pour tous les acteurs du développement économique, social, culturel du pays. Le ministre Macalou a par ailleurs remercié les membres de la missions pour avoir accepter de venir examiner le processus de la bonne gouvernance chez nous.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré a rappelé que notre pays figure parmi les premiers Etats qui ont adhéré volontairement au MAEP. C’était en mars 2003. « Nous avons donc l’obligation morale d’oeuvrer à sa bonne tenue. Nous avons surtout la conviction que la crédibilité de l’action publique, de la gouvernance réside dans la transparence.

Cette volonté de tranparence a déjà marqué tout le processus de production du rapport national et du plan d’action national », a expliqué le chef de l’Etat. Cette évaluation, a-t-il poursuivi, permettra à notre pays de mieux déceler nos forces et nos faiblesses, renforcer nos acquis et corriger nos insuffisance en matière de gouvernance.

« Cette démarche souligne combien le Mali est préparé au MAEP, dont la méthodologie privilégie l’expression plurielle », a ajouté le président Touré, avant d’inviter nos compatriotes à rester disponible pour les experts du MAEP. Car le mécanisme se veut un instrument de transformation sociale pour le pays et pour le reste du continent.

« Votre présence à Bamako, 18 mois après la signature du protocole d’accord par lequel le Mali a décidé de se soumettre volontairement au mécanisme, annonce la phase décisive du processus de collecte d’information sur la gouvernance politique et économique au Mali.

Comme au premier jour, je puis vous assurer de la collaboration pleine et entière du gouvernement ainsi que de la disponibilité de tous les autres acteurs pour le bon déroulement de la revue », a garanti le chef de l’Etat.
Pendant son séjour qui qui durera jusqu’au 22 janvier, la mission effectuera des visites de terrain à travers tout le pays.

Doussou DJIRÉ

Essor du 10 Décembre 2008