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Dans une de nos parutions, nous avions souligné, à l’intention du président Ibrahim Boubacar Keita, que l’occupation, des bureaux de la présidence et de la résidence d’Etat, figure parmi les symboles fort de l’Etat. Tout ce qui est contraire, quelque soit les conditions, à la transformation de sa résidence privée en palais de la République et aux frais du contribuable. Pour le moment, notre préoccupation n’a pas eu d’écho favorable. Mais en attendant ce sont les habitants de Sébénikoro qui souffrent de cette «cohabitation».

Les servitudes et autres passages, donnant sur les rues adjacentes à son domicile, sont interdits aux usagers. La sécurité est maintenant renforcée à Sébénikoro, un quartier populaire avec un taux élevé de gens pauvres. Venons-en aux faits qui choquent les initiateurs du CHANGEMENT.
Sur ce plan j’avoue que l’enfant de Koutiala a surpris la grande majorité des maliens qui voulaient en finir avec l’ancien système. Mais hélas ! Qui sème le vent récolte la tempête dit-on. L’entourage d’Ibrahim Boubacar Keita composé d’opportunistes a formé autour de lui une nouvelle République qui gouverne et décide. Il l’a noyé dans les profondeurs du Woyowayanko (rivière qui passe derrière la maison du Président IBK à Sébénikoro).

Le groupe de personnalités qui accompagne Ibrahim a fait couler le régime d’Amadou Toumani Touré. Tout un monde qui n’aime pas l’opposition, qui n’aime pas la contradiction, car aspirant perpétuellement au bien être et au luxe. Vouloir faire du neuf avec du vieux, c’est faire fi de l’exigence des électeurs, mais aussi de tous ces slogans porteurs qui les ont mobilisés. C’est dans cette association de malfaiteurs que l’on retrouve les milliardaires de la République, les fossoyeurs de notre économie, les narcotrafiquants, les grands propriétaires terriens.

Ibrahim Boubacar Keita en faisant allégeance à ce groupe de fossoyeurs de notre économie adossé à son proche entourage cloisonne la République : un Mali des milliardaires et un Mali des pauvres ; ou faudrait-il comprendre qu’il y a des non-dits dans la victoire d’IBK. La connexion entre le pouvoir d’Etat et ce groupe mafieux et crapuleux, qui a fait la perte d’ATT, ne semble pas être comprise ; les mêmes sont là, plus présent aujourd’hui qu’hier, narguant le peuple meurtri.

Aussi au niveau des édiles communaux, la mauvaise gestion du foncier et l’urbanisation anarchique sont à la base de ces inondations qui ont emporté les maisons à Banconi, Sicoroni, Lafiabougou, Bougoudani.
IBK, qui a pourtant promis de sévir contre les éventuels responsables, vient entre temps d’extirper du lot, un de ces maires décriés pour le bombarder ministre. Avec Ibrahim Boubacar Keita il n’y aura aucun changement pour les maliens. IBK, c’est le «système ADEMA-ATT» repris, revu et corrigé point barre.

Safounè KOUMBA

L’Inter de Bamako du 30 Septembre 2013