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L’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), composée à l’origine de 43 partis politiques, s’est engagée dans le même bateau qu’ATT, au titre du Programme de développement économique et social (PDES).

L’échec du programme du président de la République, dans sa phase actuelle, ne fait l’ombre d’aucun doute puisqu’il ne s’en cache plus. Il a récemment fustigé le timing de l’initiative riz comme pour dire que le chronogramme de son concepteur est mauvais.

Concernant les intrants, il s’est plaint d’un approvisionnement aléatoire qui aurait du être maîtrisé à temps par les acteurs impliqués dans le programme de l’initiative riz. A cette phase de constat d’échec, le président de la République s’attaque vertement à certains de ses ministres en révélant les dysfonctionnements au sein des départements.

Du coup, par voie de presse publique, on apprend que l’équipe de Modibo Sidibé s’est enlisée dans une situation conflictuelle, preuve d’une mauvaise organisation des structures ministérielles. Et l’ADP ? Elle s’est taillée la place d’alliée de poids du président de la République. En réalité, cela ne reflète que l’échec politique de cette connivence.

L’ADP est restée aphone au moment le plus opportun de défendre le PDES puisqu’elle ne finissait pas de régler ses antagonismes partisans. Elle a, d’ailleurs, pour cela, été rappelée à l’ordre. Désormais, les partis politiques membres de l’ADP ont deux chronogrammes, celui des instances du parti et celui du PDES.

En fait, le premier couac politique remonte à la composition du bureau de l’Assemblée nationale lorsque l’alliance a failli voler en éclats. Les intérêts des membres de l’ADP se chevauchant, il a été rapidement démontré que l’entente du regroupement avec ATT n’était ni plus ni moins qu’une question stratégique pour s’accaparer des différents postes au sein des structures du pays.

Dioncounda Traoré ne s’en est jamais caché depuis le jour où il avait annoncé qu’il fallait éviter de poser des actes de peur d’avoir l’administration, la justice, la sécurité d’Etat…dans le dos.

Il fallait donc surseoir aux statuts et règlement intérieur du parti et s’allier avec ATT pour gagner les batailles électorales. A l’occasion, Soumeylou Boubèye Maïga qui ne voulait pas que les textes soient torpillés, avait été suspendu.

C’est dire que tous les efforts ont convergé vers le soutien du président de la République et de son PDES sans véritable conviction. Il faut rappeler, pour la circonstance, qu’un parti digne de ce nom a son propre projet de société et qu’en principe, 43 projets de sociétés ne sauraient être identiques.

En tout cas, ces 43 partis doivent, aujourd’hui, logiquement, reconnaître leur échec en même temps que leur mentor ATT, puisque le bateau prend eau de toutes parts et que le Chef de l’Etat a mis au pilori le Premier ministre Modibo Sidibé, chef d’une équipe qui met la charrue avant les bœufs.

En révélant les conflits de compétence entre Tiémoko Sangaré, Abou-Bakar Traoré et Amadou Abdoulaye Dialllo, ATT explique par la voix de l’ORTM – ce qui n’est pas courant- que ses ministres sont incompétents. Et que celui qui les coordonne, en l’occurrence Modibo Sidibé, doit partir. ATT a-t-il besoin d’un bouc émissaire ?


Baba Dembélé

11 Juillet 2008