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Quel sera le sort du bureau du Vérificateur général à l’issue de la révision constitutionnelle en cours ? C’est la principale interrogation posée par l’honorable Konimba Sidibé, député à l’Assemblée nationale, qui n’a pas manqué de dire son souhait de voir inscrire cette institution dans le texte fondamental du Mali. C’était au cours d’un séminaire organisé à l’intention des journalistes et communicateurs.

Même si l’institution n’a pas la vocation de certifier les comptes financiers des entreprises, les rapports de vérification de cet organisme exprime une affection sur l’état de la gouvernance du Mali qui est largement menacée par la corruption. Actif depuis le 1er avril 2008, le bureau du vérificateur général a largement fait parler de lui dans l’évaluation des politiques publiques à travers le contrôle de la régularité et la sincérité des opérations de recettes et de dépenses des finances publiques.

Après la publication de quelques rapports, le constat de ce service de vérification des finances publiques est très amer : les ressources financières du Mali sont largement affectées par la corruption et la mauvaise gestion. Sidi Sosso Diarra a expliqué qu’au Mali, la corruption est devenue un mal profond d’une ampleur inquiétante. Les rapports de ce service sont devenus de véritables sources d’inspiration dans les débats politiques, diplomatiques et au sein de la société civile malienne.

Innovation en soi dans le systèmes de contrôle administratif et financier en Afrique, le bureau du vérificateur jouit d’une indépendance et d’une marge de manœuvre juridique, appuyé par le non renouvellement du mandat (7ans) des responsables de l’institution qui lui donne une certaine liberté dans la recherche.

L’honorable Konimba Sidibé, qui a salué le courage politique du président de la république, a exprimé ses inquiétudes sur le phénomène lors d’un séminaire organisé, du 17 au 19 avril derniers, à l’intention des journalistes et communicateurs venus des régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et le district de Bamako.

La quasi-totalité des responsables des services et sociétés éprouvent une réticence au contrôle de leur gestion Organisé par l’association des journalistes en appui à la décentralisation et la bonne gouvernance (AJADBG) en partenariat avec le Fonds canadien d’initiatives locales (FCIL), ce séminaire avait pour thème « médias et institutions du bureau du vérificateur général et de l’assemblée nationale : rôle et des journalistes et communicateurs dans le renforcement du processus de bonne gouvernance au Mali ».Une trentaine de journalistes ont pris part à ce séminaire.

Les exposées ont porté entre autres sur les prérogatives du bureau du vérificateur général et de l’assemblée nationale et le processus de la décentralisation. Cette rencontre visait à soutenir plus d’engouement chez les journalistes pour le traitement et le suivi des travaux des institutions du bureau du vérificateur et de l’assemblée nationale ainsi que la reforme de la décentralisation.

Depuis l’avènement de la démocratie, le Mali a fait l’option d’une gouvernance décentralisée. De nombreuses initiatives, dont l’instauration d’un bureau du vérificateur général, traduisent des signes d’ouverture des autorités pour répondre aux inquiétudes des populations sur la gestion des ressources publiques du pays.

L’ambassadeur du Canada au Mali, Mme Isabelle Roy, a expliqué à l’ouverture du séminaire que la bonne gouvernance constitue un des axes de coopération entre le Mali et son pays. Selon le coordinateur de l’AJADBG, Mamadou Hamidou Diallo, l’institution du vérificateur général et le parlement constituent des piliers majeurs dans la consolidation d’un Etat de droit. En effet, le Canada a instauré des relations d’échange avec ces institutions dans le cadre de la consolidation de la démocratie et de la bonne gouvernance.

Seydou Coulibaly

22 avril 2008.