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Lorsque le jeune ministre des Affaires religieuses et du Culte se permet quelques écarts, il n’est pas utile de réagir. Mais, quand dans la même semaine, le ministre Bathily, qui a longtemps vécu grâce à l’État, se permet les mêmes libertés avec l’histoire récente du Mali, cela devient lassant.

une-3204.jpgLa rancœur ou l’arrogance ne doit pas conduire le discours d’un ministre à devenir une discussion de grins. Or, c’est devenu un leitmotiv pour certains membres du gouvernement de dire qu’avant 2013, l’État n’existait pas. Cela, soit pour plaire à IBK, soit pour justifier leur incompétence à accomplir ce pour quoi ils ont été nommés.

Rappelons que c’est pourtant cet État inexistant qui a organisé les élections de 2013 ayant permis qu’ils fassent partie d’un gouvernement aujourd’hui. C’est dans cet État inexistant que Bathily fut directeur de Cabinet du chef de l’Etat en 1991 et c’est de cet État fantôme qu’il fut ambassadeur au Sénégal. L’argent du budget qui servait à l’entretenir était pourtant bien réel. Les gens de ma génération sont fatigués d’entendre des mandarins qui, depuis que nous étions étudiants, ont navigué sous tous les régimes, avant de venir se dédouaner ainsi. Car, si l’État n’existe pas, alors ce sont eux qui l’ont détruit. Sous prétexte de justifier leur inaptitude flagrante à répondre aux attentes du peuple, voilà que leur seule lettre de mission est de dénigrer les centaines de milliers de cadres qui ont servi le Mali durant le dernier quart de siècle.

Ce faisant, ils manquent même de respect au président de la République et à son Premier ministre qui, tous deux, ont servi le Mali au plus haut niveau dans la période qu’eux affirment l’État inexistant.

Franchement, Monsieur Bathily, quelle gloire y a-t-il à se promener aux frais de l’État à Paris, avec pour seul discours : Je n’ai rien fait de concret, je suis incapable parce que les autres étaient mauvais ? Alors, au lieu de cette flagornerie de mauvais aloi, ils devraient plutôt présenter au peuple et au président de la République, qui leur a fait confiance, leur contribution positive à son bilan. Dieu Veille !

Madani TALL

Le Reporter du 21 Juin 2016