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Après une relative accalmie sur le front du nord, l’insécurité serait-elle retombée ? En tout cas, c’est ce que laisse penser une attaque armée contre le marché de Bankoma, un village situé à 20 Km de Gourma Rhaouss (région de Tombouctou) le week-end dernier.

jpg_une-2034.jpgLe marché de ladite localité a été «attaqué et pillé», le 17 Août, par des individus qui ont opéré «à dos de chameaux», selon une source sécuritaire contactée par nos soins à Tombouctou. Si l’opération, qui se serait déroulée dans la matinée où il n’y avait pas encore assez de marchands, n’a pas fait de victime (il n’y a eu ni blessé ni mort), les dégâts matériels et ses répercussions sur le moral des habitants sont considérables. L’armée qui n’avait pas d’agents dans le village au moment des faits a dû renforcer la sécurité dans le secteur à partir de forces venues de Tombouctou, chef lieu de région.

Quarante huit heures après les faits, le commandement de la zone militaire estime que la situation est redevenue «très calme» dans la région, y compris dans le secteur du Gourma. Cette attaque relance la problématique sécuritaire dans le nord du Mali alors que le pays est toujours dans l’attente d’une confirmation, par la Cour constitutionnelle, de la victoire d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé premier avec 77,61 % des voix au second tour de l’élection présidentielle du 11 août 2013. «Ce sont des attaques résiduelles auxquelles nous aurons à faire face», prévient le lieutenant colonel Kéba Sangaré, chef de la zone de commandement de Tombouctou.

Quelle stratégie le nouveau président élu adoptera-t-il face à cette crise du nord devenue récurrente ? En l’absence d’une déclaration claire et précise sur le sujet, le projet de société du candidat fait office de directive. «Pour l’honneur du Mali, je rétablirai la sécurité de tous les maliens», s’est ainsi engagé IBK à l’ouverture de sa campagne électorale, le 7 juillet 2013, affirmant qu’il «veut pour cela reconstituer une capacité de défense et de surveillance du territoire national».

«Aucun pays ne peut se développer dans la peur», a-t-il souligné. Le nouveau président envisage faire «voter et appliquer de manière très rigoureuse la loi d’orientation et de programmation militaire» qui «devra prévoir pour les dix ans à venir les besoins nécessaires à la mise à niveau de notre appareil de défense et nous permettre de faire face à tous les nouveaux défis». Selon lui, l’armée malienne doit être mise à un «niveau opérationnel qui dissuade tout agresseur éventuel». «Désormais aucun groupe terroriste ou criminel ne franchira la frontière du Mali sans trouver devant lui les forces armées maliennes en position de combat», a-t-il insisté.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 19 Août 2013