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Dans un bureau de vote de la localité de Goundam, des hommes armés ont fait irruption et enlevé l’urne. Plusieurs autres anomalies ont été constatées dont l’absence d’urne dans de nombreux bureaux de vote de cette circonscription électorale dans la région de Tombouctou au nord Mali. C’est un des faits marquant du premier tour des élections législatives maliennes au nord Mali. Des hommes armés ont enlevé une urne, dans un bureau de vote de la localité de Goundam, une importante ville de la région de Tombouctou. C’est précisément à Bajakary, à 80 kilomètres de Goundam, précisent nos sources, que « des hommes armés ont enlevé une urne » d’un bureau de vote. Jointe par nos confrères de ‘’Le Figaro’’, Oumou Sall Seck, maire de la localité et candidate URD aux législatives a déclaré avoir envoyé des huissiers sur place pour constater les faits. Elle a également signalé la confiscation des cartes d’électeurs à Takoubao, une autre localité située à 15 kilomètres de Goundam. Le Républicain a tenté en vain de joindre Mme Sall Seck maire de Goundam pour en savoir plus. Plusieurs anomalies auraient marqué le scrutin dans les localités de Goundam comme l’absence de plusieurs urnes dans des bureaux.

Scrutin sous menace sécuritaire : Le bourbier du nord ou l’impasse

Comme pour marquer les esprits à deux jours du scrutin, le vendredi 22 novembre à Bamako, un gendarme français a été la cible d’un tireur embusqué, le blessant légèrement. L’homme a été arrêté ; mais aucune communication n’a été faite sur les motivations réelles de son acte. C’est la première attaque de ce type dans la capitale malienne depuis le début de l’intervention française.

La veille, jeudi au nord du pays, des roquettes tirées par des islamistes sont tombées dans la périphérie de Gao, la plus grande ville du Nord, sans toutefois faire de victimes. L’incertitude quant au bon déroulement du scrutin planait déjà sur le ‘’no man’s land’’ de Kidal. Dans cette ville du Nord-Mali règne l’anarchie malgré la présence des forces françaises, maliennes et africaine de la mission de l’ONU au Mali, la Minusma.

Ce sont ces forces armées qui surveilleront le scrutin tant à Bamako que dans le nord du pays. Le scrutin sera surveillé par des centaines d’observateurs nationaux et internationaux, dont ceux de l’Union européenne. Bientôt un an après la libération des trois régions du Nord par l’armée française, le meurtre des deux journalistes français de RFI à Kidal, les tirs sur Gao, les mines meurtrières, les assassinats de membres de la famille de El Hadj Gamou, militaires touaregs loyalistes, indiquent que les régions nord du Mali sont loin d’être sécurisées. Pour certains, dans un tel bourbier il n’est pas exclu les terroristes reviennent et que la France soit obligée de reporter l’allégement prévu du dispositif ou au contraire de le renforcer.

Désaffection des urnes : Les raisons d’une déception des électeurs

Des électeurs déçus qui n’ont pas daigné sortir de chez eux ou qui ont vaqué à leurs occupations. D’autres non moins déçus qui sont bien sortis pour infliger un vote sanction à IBK et son ‘’faux slogan le Mali d’abord’’. « Je vote pour les adversaires d’IBK car j’ai été déçue ». Elu en août dernier avec plus de 77% des voix, les électeurs attendaient de lui « fermeté et restauration de l’honneur bafoué ».

Mais aujourd’hui les critiques fusent de partout. « L’ex-capitaine putschiste Amadou Sanogo a été promu général et refuse de comparaître devant la justice de son pays malgré les crimes dont il est soupçonné ». les Maliens ont du mal à supporter cette complaisance manifeste du gouvernement et du président IBK à l’égard du capitaine Sanogo, qui devient donc un homme au dessus de loi et visiblement intouchable : c’est lui qui a la réalité du pouvoir pas IBK, murmure-ton.

Ses compagnons de la junte occupent toujours aujourd’hui de hautes fonctions de l’Etat. Les Maliens sont par ailleurs sidérés de savoir que plusieurs rebelles de premier plan ont non seulement vu leurs mandats d’arrêt levés, mais sont candidats à la députation dans la région de Kidal sous les couleurs du RPM, le parti présidentiel. En outre, à Bamako, le fils du président est lui aussi candidat du RPM. Le compte à rebours a-t-il déjà commencé pour IBK ? Après avoir prêché la fermeté, il cultiver l’impunité.

Louis Michel l’observateur en chef dans les bureaux de votes : Louis Michel se félicite de la bonne organisation du scrutin législatif

Le représentant des observateurs de l’union Européenne après sa visité dans un certains nombres de bureaux de votes a rencontré la presse. «L’organisation est parfaite » a indiqué Louis Michel.

Après avoir assisté lui-même au dépouillement dans le bureau N°2 au lycée Mamadou Sarr en commune IV du district de Bamako, Louis Michel a livré ses impressions : « J’ai visité 30 bureaux de votes », nous a –t-il indiqué. Selon lui, tous les matériels étaient déjà en place à 08H, les agents électoraux au complet. « Globalement, il y avait la sérénité, le calme, la sécurité » a dit louis Michel.

Il a salué les autorités qui ont réellement fait un effort. Il a indiqué que les réserves d’usages restent le faible taux de participation par rapport au présidentielle. « Pas de dérapages, de tentatives de fraudes. Je suis plutôt rassuré de la manière dont les choses se sont passées ». Concernant le nord, Louis Michel dira qu’il n’a pas de détail. Pour lui, on ne peut pas donner une conclusion hâtive même s’il a appris des incidents du côté de Kidal.

Le Républicain du 25 Novembre 2013.