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Le président du Rassemblement Pour le Mali (RPM), l’Honorable Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) serait-il le principal leader politique de l’opposition ? L’on serait tenter de répondre par l’affirmative si l’on sait bien lire les agissements des principaux responsables de ce parti.

LE RPM DANS LA PEAU D’OPPOSANT

Bien qu’étant comptable de la gestion du premier quinquennat (2002-2007) du président Amadou Toumani Touré (ATT), pour avoir siégé aux gouvernements successifs, le RPM d’IBK ne revendique pas les acquis du consensus politique. Comme si le ridicule ne tue pas, étant toujours au gouvernement, le RPM a présenté son candidat qui n’est autre qu’IBK contre ATT lors de l’élection présidentielle du 29 avril 2007.

Cette manière de faire du RPM était une autre façon de tremper dans l’indigot, l’honneur et la dignité du ministre Nancoman Keïta. Celui-ci, très mal mis à l’aise par son parti, démissionna devant le fait accompli au lendemain du scrutin du 29 avril 2007.

Dans la salle Modibo Keïta de l’Assemblée Nationale le 3 septembre dernier, à la faveur de la rentrée anticipée des députés, une autre action d’IBK laisse comprendre que la direction de son parti prendra dans les jours à venir une nouvelle décision, celle d’animer l’opposition.

En effet, juste après l’élection du président de l’ADEMA, l’Honorable Dioncounda Traoré comme président de l’Assemblée Nationale en remplacement d’IBK, celui-ci a remercié son aide de camp. Dès cet instant, IBK circule à Bamako sans les motards et les sirènes qui lui dégagaient la voie.

UNE ANECDOTE

Ces derniers temps, en tout cas, à partir du 3 septembre 2007, on a remarqué qu’IBK a laissé pousser sa barbe. Puisque le charismatique président du RPM est un modèle est un idéal, ses camarades du parti ont à leur tour laissé pousser leur barbe. Tel est le cas du secrétaire général du RPM, Dr Bocari Tréta.

Mais si les barbes d’IBK sont blanches du fait de l’âge, celles de Tréta sont au contraire noires. Au RPM, des militants ont fait la même remarque que nous ; et d’ailleurs, on répond que ce sont des barbes d’opposant. Ne soyez pas donc surpris de voir des cadres RPM avec leur barbe à la manière d’Oussama Ben Laden.

QUEL PROGRAMME D’OPPOSITION POUR LE RPM ?

Le Rassemblement Pour le Mali (RPM), sur financement de la Fondation Friedrich Ebert a organisé le week-end dernier un atelier de réflexion dont le thème portait sur « le programme politique, économique et socio­culturel d’un parti politique « .

Mais, à vrai dire, c’est qu’au-delà de cet atelier, ils veulent mieux cerner les enjeux et les défis qui se posent et qu’un parti politique doit relever. Sinon comment comprendre que le RPM qui a plus de six ans d’existence, n’a pas de programme politique, économique et socio-culturel pour le Mali ?

L’animateur principal de cet atelier était le Dr Abdoulaye Sall, président de CRI 2002 qui, à la lumière de son expérience, de son savoir et de son savoir-faire, doit aider le RPM à l’élaboration de son programme de parti politique d’opposition, les instruments de sa mise en oeuvre et de son suivi-évaluation.

DE LA QUALITE DES PARTICIPANTS

En initiant cette réflexion, le Bureau Politique National du RPM a bien ciblé les participants au nombre d’une trentaine, essentiellement les secrétaires généraux des sections de l’intérieur et du District de Bamako, quelques membres influents du RPM, tels que le député Boubacar Touré, Moussa Timbiné de l’Union des Jeunes RPM et Mme la présidente de l’Union des Femmes du parti entre autres.

LE RPM, INELUCTABLEMENT VERS L’OPPOSITION

IBK lui-même, sentant sa défaite à la veille des élections générales de 2007 s’exclamait en ces termes : « Les élections… Les élections… Les élections… Et après ?« . Pour un parti politique digne de ce nom, la mission fondamentale est la conquête et l’exercice du pouvoir.

Après les élections, de deux choses l’une pour un parti politique : exercer le pouvoir ou animer l’opposition en espérant qu’au nom de l’alternance politique, la prochaine fois sera la bonne.

Nous souhaitons bon vent au RPM pour l’animation d’une opposition crédible et constructive.

Daba Balla KEITA

11 septembre 2007.