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Une bataille rangée semble déclenchée au RPM pour contrôler l’appareil du parti. Elle oppose, selon toute vraisemblance, un clan proche du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta et le secrétaire général, Bokary Téreta, soutenu, lui aussi, par une frange de la direction du parti. Qui veut opposer ces deux personnalités auxquelles le nom du RPM reste intimement lié ?

Le Rassemblement pour le Mali est au bord de l’implosion suite à des tacles répétitifs par les plus hauts responsables de la direction du parti au pouvoir. Deux clans seraient à l’origine de cette guerre (presque ouverte) entre le secrétaire général, Dr Bokary Téreta et certains membres de la direction du RPM. Cette guerre de leadership serait partie, des dernières législatives, où des membres de la direction du parti des Tisserands étaient farouchement opposés à des candidatures jugées « trop opportunistes ». Celles-ci étaient soutenues, selon nos sources, par le clan qui se dit proche du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta. Parmi celles-ci, la candidature de Abderhamane Niang continue d’attiser la haine entre les deux clans. Les « proches » d’IBK qui avaient gagné la bataille du choix du candidat de Ténenkou aux législatives, voulaient rééditer leur exploit en imposant le doyen Niang au parti afin de présider l’Assemblée nationale. C’était sans compter avec la détermination des partisans de Téreta qui n’ont jamais digéré l’échec de leurs candidats face à ceux du clan opposé. C’est pourquoi, lors du choix du candidat à la présidence de l’Assemblée nationale, Téreta et ses partisans avaient mis en avant l’engagement et le militantisme, entre autres, comme critères majeurs. Il fallait barrer la route aux « opportunistes » et aux militants de la dernière heure. Le Doyen Niang était visiblement dans leur ligne de mire.

Puisque celui-ci est un ami du président de la République, le clan opposé au Secrétaire général a fait de son élection au perchoir une priorité. C’était la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le clan Téreta s’oppose énergiquement à cette volonté et propose que le président de l’Assemblée nationale soit un militant de souche du parti. C’est un critère qui exclut d’office Abderhamane Niang.

Au finish, Téreta et ses partisans s’imposent face à la volonté des «très proches » du président de la République. Qui auraient considéré cette «victoire» du clan Téreta comme une offense, mais aussi une vengeance ? C’est ainsi qu’ils auraient juré de faire payer au Secrétaire général sa défiance en oubliant que Isaac Sidibé n’aurait jamais pu être imposé s’il n’était le choix définitif du président de la République.

Aujourd’hui, le but du camp adverse est d’éjecter le Secrétaire général et ministre du développement rural, Bokary Téreta, des instances du parti, mais aussi et surtout du gouvernement. Aussi, les partisans de Téreta évoquent une main invisible qui tente coûte que coûte d’opposer le président de la République et le Secrétaire général de son parti. Ceux-ci sont allés jusqu’à rappeler aux meneurs de l’autre clan que IBK était seulement le président du parti, mais que c’est Téreta qui en est le principal animateur, même pendant la traversée du désert du parti.

De toute évidence, la guerre des clans est ouverte. Et la course a bel et bien commencé pour le contrôle de l’appareil du parti entre leaders du parti présidentiel.

Idrissa Maïga

L’Aube du 30 Janvier 2014