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Cri 2002, en collaboration avec le Centre Djoliba, a organisé le 24 mars 2007 une conférence-débats au Centre Djoliba. Le thème de cette rencontre entre les acteurs politiques et ceux de la société civile portait sur le consensus.

“Le consensus peut-il oui ou non, être un effet de mode ou un mode de gestion du pouvoir au Mali ?”. C’est de cela qu’il a été question ce jour là. Pour débattre de cette question, les organisateurs ont fait appel au traditionaliste le Dr Mamadou Fanta Simaga, ancien député-maire et au Dr Mohamed Diallo, ancien Coordinateur de l’Etude nationale prospective Mali 2025. Le modérateur de cette conférence-débats était le Dr Abdoulaye Sall, président de Cri 2002.

Selon le petit Larousse, le consensus se définit comme “un consentement”, “un accord entre des personnes”. Le consentement, c’est l’approbation, c’est l’adhésion à un projet.

LES SEPT PRECEPTES DU CONSENSUS SELON LES NATIONS UNIES

Compris comme tel, le Système des Nations Unies, à travers de multiples études réalisées autour de la problématique de la bonne gouvernance ou gouvernance démocratique, a identifié sept préceptes ou règles de conduite dans la recherche du consensus :

1. la capacité à réaliser le compromis politique entre pouvoir et opposition ;

2. la capacité à résoudre les conflits institutionnels en faisant l’économie des coups d’Etat ;

3. la capacité à résoudre dans le dialogue les conflits économiques et sociaux ;

4. la capacité à résoudre assez vite et dans le dialogue, les conflits identitaires armés ou non ;

5. la capacité à résoudre les conflits liés à la gestion des terroirs conflits agriculteurs/agriculteurs ou agriculteurs/éleveurs ;

6. la capacité à résoudre les conflits à caractère religieux ; et

7. la capacité à résoudre les conflits liés aux questions des frontières dans le consensus et le respect des lois.

LE CONSENSUS : MODE DE GESTION DU POUVOIR ?

Selon Dr Sall, situés aux antipodes d’un effet de mode, les sept préceptes édictés par le Système des Nations Unies confèrent au consensus les attributs d’un mode de gestion du pouvoir qui, au-delà du seul domaine politique, nécessitant l’existence d’un pouvoir et d’une opposition, couvre des domaines aussi vitaux comme les conflits institutionnels, les conflits économiques et sociaux, les conflits identitaires, fonciers, religieux et frontaliers.

Le consensus vu du côté traditionnel par le Dr Mamadou Fanta Simaga, traditionaliste, parce que comme indiqué dans le Manuel du Citoyen publié par Cri 2002 en mars 2004, il s’agit de ne jamais oublier que “la gouvernance, la bonne gouvernance englobe les traditions, les institutions et les processus qui définissent comment le pouvoir est exercé, comment on donne la voix aux citoyens et comment les décisions sont prises. Interrogeons alors notre passé, nos traditions.

le consensus vu du côté modernité par Monsieur Mohamed Diallo, ancien Coordonnateur de l’Etude Nationale Prospective Mali 2025, parce que la Vision des maliennes et des maliens à l’horizon 2025 est de “conjuguer sagesse, authenticité et dynamisme pour faire du Mali, une nation prospère, performante et moderne dont le peuple aura su se saisir résolument de son propre devenir pour demeurer un Peuple Uni dans sa riche diversité, tourné vers un But commun et ayant une Foi Indéfectible en son avenir”.

QUE FAUT-IL RETENIR DE TOUT ÇA ?

Dans les conclusions de l’étude de prospective Mali 2025, la culture est apparue comme l’élément essentiel, le soubassement sur lequel il faut s’appuyer pour bâtir tout édifice social. Sur l’ensemble des questions évoquées, le consensus que l’on traduit comme l’accord et le consentement du plus grand nombre ou de la majorité est ressorti dominant.

Plus de 90% des personnes enquêtées affirment que l’administration est indispensable dans notre processus de développement. L’activité économique dominante doit être l’agriculture pour 80% des personnes rencontrées ; 83% d’entre elles pensent que la culture est un stimulant. La lutte des femmes pour leur propre émancipation menace la stabilité de la famille, noyau et garant de la société.

En répondant aux questions posées par l’assistance, le traditionaliste Mamadou Fanta Simaga a conclu que le consensus n’est pas quelque chose de naturel, il se forge par le dialogue, la négociation. “Le système actuel est bien gérable, il faut qu’on se ressaisisse pour avancer”, a-t-il dit.

Daba Balla KEITA

28 mars 2007.