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Depuis quelque temps le département de la Santé et les autorités des collectivités du district de Bamako ne soufflent plus dans la même trompette. Au centre des débats : la mutation du médecin chef du Centre de santé de référence de la Commune II du district.

Par lettre confidentielle en date du 6 mars 2012, le ministre de la Santé a saisi le gouverneur du district pour l’éventualité d’une mutation du médecin chef du CS-Réf de la Commune II en référence à la lettre sans numéro en date du 22 février du collectif des maires des communes du district, transmise par le maire de la Commune II.

Dans cette correspondance, les élus locaux soutiennent en manifestant leur opposition à la mutation de leur médecin chef, car, selon eux,« tout mouvement du personnel sanitaire au niveau des collectivités doit obtenir l’aval de l’autorité municipale et surtout en ce qui concerne le personnel administratif dont la tutelle technique est assurée par l’Etat ».

La correspondance des maires précise que l’un des deux maires avait demandé le maintien du médecin chef qui lui donne entière satisfaction et avec lequel il développe des projets très sensibles dans sa Commune. « C’est pour toutes ces raisons que nous demandons l’annulation de la décision et le maintien à leurs postes des intéressés. En attendant le règlement du problème, nous nous opposons fermement à toute nomination de médecin chef de CS-Réf dans les deux communes ».

Le souci du ministère de la Santé est l’amélioration de la qualité des soins. Toutes choses qui exigent, selon un cadre du département, le relèvement du niveau de compétences des médecins chefs des districts sanitaires. « C’est dans ce cadre que le plan de carrière des médecins prévoit leur affectation du niveau du district au niveau régional ou national, après 5 ans d’activités comme généraliste, pour bénéficier d’une formation et les rendre plus aptes à conduire les équipes de santé du district ».

Or, aujourd’hui le constat, au niveau du ministère de la Santé, est que seuls les CS-Réf des communes I et II du district sont tenus par des médecins généralistes. « Le médecin chef de la Commune II est en poste depuis 10 ans ».

Dans ce dialogue de sourds, l’on est en droit de poser certaines questions. Le médecin chef de la Commune II, fonctionnaire de l’Etat et émargeant au budget de l’Etat, est-il oui ou non sous l’autorité du ministère de la Santé ?

Pourquoi après 10 ans de service dans un centre, un commis de l’Etat refuse une décision de mutation ? Que disent les textes ? Y a-t-il conflit de textes ou d’interprétation de textes en matière de transfert de compétences entre l’Etat et les collectivités décentralisées ?

En attendant les éclaircissements, force est de constater que malgré une lettre de la directrice régionale de la santé adressée au gouverneur du district, relative à la proposition de nomination des médecins chefs de Commune conformément à la loi 94/009 du 22 mars 1994, le médecin chef du CS-Réf de la Commune II reste inamovible.

Idrissa Sako

Le 15 Mars 2012