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Après les révélations faites par Cheick Tidiane Diabaté à la veille du match Mali-Bénin et les propos d’après-match de Seydou Kéïta alias Seydoublen, c’est Fousséni Diawara qui a mis le pied dans le plat. Dans une interview accordée au site malifootball.com, il pointe du doigt l’amateurisme et la mauvaise gestion du bureau de Hammadoun Kolado Cissé, alias Kola.

Inquiétude et consternation ! Ce sont ces mots qui illustrent l’état actuel de notre football. Après l’échec à la Can 2013, les Maliens s’attendaient à une remise en cause de toutes les parties prenantes dans la gestion du football malien et à tous les niveaux. Mais hélas ! C’est la même catastrophe qui continue avec l’élimination des Aigles à la Coupe du Monde Brésil 2014. Pourtant, à deux journées de la fin de la deuxième phase des éliminatoires, les nôtres étaient co-leaders avec l’Algérie et gardaient toutes leurs chances de qualification pour le denier tour des éliminatoires. Mais, nos chances de qualification ont été hypothéquées après les deux matchs nuls concédés à domicile face, respectivement au Rwanda (1-1) et au Bénin (2-2).

« … Je me demande si nos dirigeants aiment le Mali. A chaque fois qu’on est près du but, c’est une bêtise humaine qui casse tout», a confié Seydou Kéïta alias Seydoublen au Journal « Match ». Avant d’ajouter : «Je ne sais pas quand est-ce que nos dirigeants auront pitié du Mali… Peut-être que c’est le Mali qui est maudit…»

«Ça fait pas mal d’années que je joue pour le Mali. Je sais que beaucoup choses d’anormales se sont passées. Je sais également qu’il se passe beaucoup de choses qui ne sont pas normales. Je ne suis pas le seul à le savoir. Vous le savez tous. Vous : journalistes, supporters… Il va falloir qu’on change beaucoup de choses. La victoire, ça se prépare avant le match et c’est sur le terrain qu’on l’obtient. Nous, on veut l’avoir tout de suite, sans la préparer. Il est temps que chacun de nous se pose la question de savoir ce qu’il a fait et fait pour le Mali. Je suis sûr que seulement 50% de nous travaillent pour le pays», ajoute-t-il.

Un président complètement absent

Absent, le mot est-il juste trouvé ? Disons plutôt, inconscient du rôle primordial qu’il doit jouer dans la promotion de notre football. En effet, depuis son arrivée à la tête de la Fédération malienne de football (Femafoot), le président Kola a cultivé un clanisme institutionnel qui ne dit pas son nom. Depuis son élection trouble à Tombouctou, il ne cesse de multiplier des gaffes : gestion solitaire du football malien, nominations claniques, limogeages fantaisistes des hommes capables d’épauler notre football, velléité de se pérenniser à la tête de la Femafoot, dilapidation des fonds du bureau fédéral….

Toutes choses qui font dire à un professionnel du football malien que lorsque vous n’avez pas des dirigeants à la hauteur, vous n’allez nulle part. C’est ce qui se passe dans le football malien. Même un club de 1ère division malienne (avec tout le respect que je dois), est mieux géré que l’équipé nationale du Mali.

De toutes les façons, il est indéniable que le président de la Fédération malienne de football, Hammadoun Kolado Cissé a échoué sur tous les plans. Echec qu’il refuse de reconnaître et qu’il ampute volontairement à ses subalternes. Le football, doit-il le savoir, n’est pas une affaire de famille ou de clan; elle est une affaire nationale. Et malgré cet état de fait, Kola veut s’éterniser sur son tablier. Pour preuve, il ne veut pas aller à l’Assemblée élective qui doit normalement se tenir le 31 juillet prochain. De quoi a-t-il peur? De la défaite des gens qu’il a piétinés durant son mandat?

De toutes les façons, il n’échappera pas à cette défaite, surtout quand on sait que sa tyrannie a créé une grosse fronde contre lui. Quelle porte de sortie donc pour Kola, surtout qu’il est discrédité non seulement sur le plan national, mais aussi sur le plan continental avec le renouvellement du bureau de la Caf ? A malin, malin et demi. Kola le saura à ses dépens!

Mamadou DIALLO “Mass”

Le Katois du 26 juin 2013.