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La gestion du District de Bamako relève d’un parcours du combattant. Cela est dû à la nature de la capitale malienne en proie à une démographie galopante. Les problèmes ont pour noms: la gestion du foncier devenue une source d’enrichissement illicite pour certaines catégories de population. L’assainissement, la gestion des marchés et gares routières font également partie du quotidien des autorités politiques et administratives du District.

Ces problèmes ont été débattus au cours de l’émission “questions d’actualité” du dimanche 14 décembre 2008 sur l’Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM). Pendant 90 minutes (durée de l’émission), le maire du District de Bamako, M. Adama Sangaré s’est prêté aux questions de deux journalistes : Salif Sanogo et Nianza Coulibaly. A-t-il été compris?

Des obstacles se dressent

C’est en août 2007 que Adama Sangaré a été élu maire du District de Bamako suite au décès de Moussa Badoulaye Traoré. En 16 mois de gestion du District de Bamako, le maire Adama Sangaré a pris des initiatives pour assainir la ville de Bamako.

Comme ses prédécesseurs, il a été confronté à la résistance de certains citoyens et ses adversaires qui tendent de mettre le bâton dans ses roues. C’est ce qui a fait dire au maire du District que “les plus mauvais sont ceux qui ne font rien. Je n’ai fait qu’appliquer les textes en vigueur”. Il faut ajouter à ces obstacles, l’insuffisance des moyens matériels et humains.


La confusion des rôles

Avec le statut particulier du district, Bamako la capitale malienne est gérée par deux sortes d’autorités (politique et administrative). La population, sans cesse croissante est estimée à environ 2 millions d’âmes réparties entre six communes indépendantes les unes des autres. Chacune des six communes est gérée par un conseil municipal travaillant en étroite collaboration avec les chefs de quartiers. A la tête du conseil municipal, il y a le maire et ses adjoints.

Administrativement, la tutelle des six communes du District est assurée par le gouverneur de Bamako, tandis que la mairie du District relève du ministre de l’Administration Territoriale. Donc ces différentes autorités n’ont pas le même rôle. Mais, il arrive fréquemment la confusion des rôles. Tout de même, ces autorités concourent toutes à l’amélioration du cadre de vie dans la capitale.

Ainsi, dans les réponses données par le maire, il ressort que ce sont les maires qui s’occupent de la collecte et de l’acheminement des déchets des ménages vers les dépôts de transit. La mairie du District, à son tour, est chargée du transport de ces déchets vers les décharges finales.

A ce niveau, il y a des problèmes, puisque les déchets ne sont pas transportés à temps vers les décharges finales du fait de l’insuffisance des moyens de transport et même du nombre très limité des décharges finales. Ces problèmes qui sont d’ordre structurel méritent d’être pris en charge à temps avant qu’ils ne créent d’autres problèmes.


Le volet foncier

C’est dans le domaine du foncier que l’on rencontre plus de difficultés dans la gestion du District de Bamako. Le maire Adama Sangaré a révélé que sur 80 demandes d’audience par semaine, plus de la moitié ont trait au foncier. Dans les quartiers périphériques, des parcelles à usage d’habitation sont abandonnées depuis plus de 15 à 20 ans.

La loi dit qu’une parcelle attribuée non mise en valeur peut être retirée dans un délai de trois ans après notification au propriétaire. Mais pour pouvoir identifier le propriétaire, une enquête foncière mérite d’être faite, ce qui n’a pas été le cas. En tout état de cause, le gouverneur du District de Bamako a adressé une correspondance au maire pour arrêter le retrait des parcelles dans un délai de trois mois.

Les marches et gares routières

Le grand marché de Bamako, celui de Médina, les Halles de Sogoniko et l’auto-gare demeurent la propriété de la mairie du District. Si la gestion de l’auto-gare et des deux marchés cités hauts est déjà prise en main par la mairie du District, ce n’est pas encore le cas pour les Halles, un marché qui a été construit à travers un prêt d’une société immobilière et des banques.

Il y a lieu de rembourser d’abord l’investissement fait à ce niveau avant de transférer la gestion à la mairie du District. Durant 90 minutes, le maire Adama Sangaré s’est expliqué sur la gestion du foncier à Bamako, l’assainissement, les marchés et gares routières. A-t-il été compris ?


Daba Balla KEITA

16 Décembre 2008